{"id":3083,"date":"2020-08-28T00:29:50","date_gmt":"2020-08-28T00:29:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/?p=3083"},"modified":"2021-06-14T11:58:42","modified_gmt":"2021-06-14T11:58:42","slug":"douleur-de-la-bandelette-ilio-tibiale-chez-le-coureur-partie-1-etiologie-et-evaluation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/blog\/douleur-de-la-bandelette-ilio-tibiale-chez-le-coureur-partie-1-etiologie-et-evaluation\/","title":{"rendered":"Douleur de la bandelette ilio-tibiale chez le coureur, partie 1 : \u00e9tiologie et \u00e9valuation"},"content":{"rendered":"<h4>Dr Rich Willy, PT, PhD, nous d\u00e9voile ici la premi\u00e8re moiti\u00e9 d&rsquo;une s\u00e9rie de deux blogs traitant de la douleur de la bandelette ilio-tibiale (ITB). La douleur de l&rsquo;ITB est une blessure courante chez les coureurs, mais il existe peu de recommandations dans la litt\u00e9rature concernant le traitement de cette blessure d\u00e9licate. Cette s\u00e9rie de 2 blogs a pour but de nous \u00e9clairer sur l&rsquo;\u00e9tiologie (partie 1) et le traitement (partie 2) de cette pathologie assez frustrante.<\/h4>\n<h4>La douleur de la bandelette ilio-tibiale, d\u00e9finition et personnes \u00e0 risque.<\/h4>\n<p class=\"text\">La douleur de la bandelette ilio-tibiale (ITB) est la premi\u00e8re source de douleur lat\u00e9rale du genou chez le coureur, et repr\u00e9sente entre 5 % et 14 % des blessures li\u00e9es \u00e0 la course \u00e0 pied (14). La douleur de l&rsquo;ITB est plus courante chez les coureurs de sexe masculin (50-81 % des coureurs souffrent de douleur de l&rsquo;ITB) (14). La douleur est localis\u00e9e sur le condyle f\u00e9moral lat\u00e9ral lorsque le genou alterne un mouvement de flexion extension sur un arc de 25-35 degr\u00e9s de flexion du genou, traditionnellement connue comme une zone de conflit (10). La douleur du genou est reproduite \u00e0 l&rsquo;extension de hanche lorsque le genou est fl\u00e9chi et lorsqu&rsquo;il y a une charge excentrique sur le tenseur du fascia lata (1), lors par exemple de la course en descente ou la descente d&rsquo;escaliers. Les coureurs avec une douleur aig\u00fce de l&rsquo;ITB d\u00e9crivent souvent une douleur vive, qui les emp\u00eache de continuer la course.<\/p>\n<p class=\"aligncentre\" style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/07\/Untitled-5.png\" class=\"js-single-image-lightbox\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/07\/Untitled-5.png\" alt=\"image\"><\/a><\/p>\n<p class=\"aligncentre\" style=\"text-align: center;\">Figure 1 : Facteurs li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tiologie et \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9ration suite \u00e0 une douleur de l&rsquo;ITB<\/p>\n<h4>Toutes les blessures de la course \u00e0 pied sont des blessures li\u00e9es \u00e0 la charge d&rsquo;entrainement (5). La douleur de l&rsquo;ITB ne fait pas exception.<\/h4>\n<p class=\"text\">Les coureurs qui augmentent rapidement leur volume de course (8), particuli\u00e8rement en descente (10), sont \u00e0 risque de douleurs de l&rsquo;ITB. Courir avec une largeur de foul\u00e9e \u00e9troite (7) (comme courir lors d&rsquo;un trail \u00e9troit) ou courir avec beaucoup d&rsquo;adduction de hanche (4,9) augmente les contraintes sur l&rsquo;ITB (voir figure 2 ci-dessous). Mais surtout, un coureur peut disposer des caract\u00e9ristiques biom\u00e9caniques mentionn\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment et de capacit\u00e9s tissulaires relativement faibles, mais il n&rsquo;y aura pas de blessure sans une augmentation relativement rapide des contraintes de l\u2019entra\u00eenement. Une fois bless\u00e9, la capacit\u00e9 du coureur \u00e0 endurer des contraintes sera substantiellement r\u00e9duite et la douleur sera pr\u00e9sente lors d&rsquo;activit\u00e9s relativement b\u00e9nignes, comme la descente d&rsquo;escaliers.<\/p>\n<p class=\"text\">Bien que non \u00e9tudi\u00e9e directement chez le coureur souffrant de douleurs de l&rsquo;ITB, la pr\u00e9sence de m\u00e9canismes de peur-\u00e9vitement est un facteur pr\u00e9dictif important d&rsquo;une r\u00e9cup\u00e9ration lente dans d&rsquo;autres pathologies non traumatiques du genou, comme la douleur f\u00e9moro-patellaire (11).<\/p>\n<p class=\"aligncentre\" style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/07\/FiguresPart1252812529.jpg\" class=\"js-single-image-lightbox\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/07\/FiguresPart1252812529.jpg\" alt=\"image\"><\/a><\/p>\n<p class=\"aligncentre\" style=\"text-align: center;\">Figure 2 : Le coureur A pr\u00e9sente une largeur de foul\u00e9e \u00e9troite et le coureur B pr\u00e9sente une importante adduction de hanche lors de la course. Les 2 sch\u00e9mas augmentent les contraintes sur l&rsquo;ITB.<\/p>\n<h4>La douleur de l&rsquo;ITB peut rapidement devenir une blessure persistante<\/h4>\n<p class=\"text\">Souvent, les coureurs cessent temporairement leur activit\u00e9 de course \u00e0 pied lors de l&rsquo;apparition de douleurs de l&rsquo;ITB, ce qui diminue l&rsquo;irritation. Cependant, parce que le coureur \u00e9vite les contraintes sur l&rsquo;ITB (aussi connu sous le nom de <em>stress shielding<\/em>, ou d\u00e9viation des contraintes), l&rsquo;ITB et le coureur perdent sans le savoir encore plus de capacit\u00e9 \u00e0 endurer les contraintes (<em>load capacity<\/em>). Et le coureur pense \u00e0 tort que sa blessure s&rsquo;est am\u00e9lior\u00e9e. Puisque le coureur a tr\u00e8s envie de retourner courir, une activit\u00e9 qu&rsquo;il adore, il acc\u00e9l\u00e8re le processus de reprise. Le coureur r\u00e9p\u00e8te exactement les m\u00eames erreurs d\u2019entra\u00eenement qui lui ont initialement provoqu\u00e9 cette blessure. Le processus est r\u00e9p\u00e9t\u00e9, avec en r\u00e9sultat une perp\u00e9tuelle diminution de la capacit\u00e9 \u00e0 endurer les contraintes (figure 3).<\/p>\n<p class=\"aligncentre\" style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/07\/Untitled-6.png\" class=\"js-single-image-lightbox\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/07\/Untitled-6.png\" alt=\"image\"><\/a><\/p>\n<p class=\"aligncentre\" style=\"text-align: center;\">Figure 3 : le cycle de la perte de capacit\u00e9 de charges (load capacity)<\/p>\n<h4>La douleur de l&rsquo;ITB est une l\u00e9sion en compression. Arr\u00eatons de l&rsquo;appeler \u00ab syndrome de l&rsquo;essuie-glace \u00bb<\/h4>\n<p class=\"text\">L&rsquo;ITB n&rsquo;est seulement que l&rsquo;\u00e9paississement du fascia lat\u00e9ral de la cuisse et a beaucoup d&rsquo;accroches sur le f\u00e9mur et la patella, avant de s&rsquo;ins\u00e9rer distalement sur le tubercule de Gerdy (cf. genou de cadavre) (2). L&rsquo;ancrage uniforme de l&rsquo;ITB sur le condyle f\u00e9moral lat\u00e9ral et sur la cr\u00eate supracondylaire emp\u00eache efficacement l&rsquo;ITB de passer de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9picondyle. En d&rsquo;autres mots, il n&rsquo;y a pas de friction (3).<\/p>\n<p class=\"text\">Chez le coureur souffrant de douleurs de l&rsquo;ITB, le tissu adipeux, richement innerv\u00e9, qui est pr\u00e9sent entre l&rsquo;ITB et le condyle f\u00e9moral lat\u00e9ral est comprim\u00e9 lorsque le genou d\u00e9passe 30 degr\u00e9s de flexion, ce qui correspond au pic de tension de l&rsquo;ITB (cf vid\u00e9os sur des cadavres). Cette compression entra\u00eene une nociception et est potentiellement douloureuse (2,3).<\/p>\n<h4>Il n&rsquo;y a aucun test unique pour diagnostiquer la douleur de l&rsquo;ITB<\/h4>\n<p class=\"text\">La douleur de l&rsquo;ITB est diagnostiqu\u00e9e sur la base de l&rsquo;anamn\u00e8se, c.-\u00e0-d. une relative augmentation r\u00e9cente du volume total de course et de la course en descente, mais c&rsquo;est aussi un diagnostic d&rsquo;exclusion. D&rsquo;autres sources de la douleur lat\u00e9rale de genou devraient \u00eatre exclues comme la douleur f\u00e9moro-patellaire, la tendinopathie glut\u00e9ale, une douleur r\u00e9f\u00e9r\u00e9e lombaire, et une fracture de stress de la partie distale du f\u00e9mur. L&rsquo;imagerie est typiquement prescrite pour exclure les autres pathologies et n&rsquo;est pas particuli\u00e8rement diagnostique de la douleur de l&rsquo;ITB (6).<\/p>\n<p class=\"text\">Le test de compression de Noble ou sa version modifi\u00e9e est sugg\u00e9r\u00e9 pour augmenter la probabilit\u00e9 d&rsquo;un diagnostic exact de la douleur de l&rsquo;ITB. Le test de compression modifi\u00e9 de Noble (figure 4) consiste \u00e0 placer la hanche en extension pendant que l&rsquo;examinateur met passivement en extension rotation interne le genou tout en comprimant sur 1-2 cm le condyle f\u00e9moral lat\u00e9ral sur sa partie proximale afin d&rsquo;\u00e9valuer la pr\u00e9sence d&rsquo;une douleur (13). Les ratios de vraisemblance positif et n\u00e9gatif sont inconnus pour les deux versions du test de compression de Noble, les r\u00e9sultats sont donc \u00e0 prendre avec des pincettes. En d&rsquo;autres mots, fiez-vous \u00e0 l&rsquo;histoire du patient lorsque vous voulez \u00e9liminer les autres sources de douleurs possibles.<\/p>\n<p class=\"aligncentre\" style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/07\/FiguresPart1252832529.jpg\" class=\"js-single-image-lightbox\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/07\/FiguresPart1252832529.jpg\" alt=\"image\"><\/a><\/p>\n<p class=\"aligncentre\" style=\"text-align: center;\">Figure 4 : Test de compression de Noble modifi\u00e9.<\/p>\n<h4>Le test de OBER est un tr\u00e8s mauvais test pour juger de la &lsquo;tension&rsquo; de l&rsquo;ITB. Il est temps d&rsquo;arr\u00eater de le faire<\/h4>\n<p class=\"text\">Dans une \u00e9tude r\u00e9cente sur des cadavres, le test de Ober, soit la version classique soit la version modifi\u00e9e, n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 par la r\u00e9section transversale (la coupure) de l&rsquo;ITB (15). Ce qui a le plus contribu\u00e9 \u00e0 un test d&rsquo;Ober &lsquo;positif&rsquo; \u00e9tait la capsule de la hanche suivi des muscles petits et moyens fessiers (15). M\u00eame si l&rsquo;ITB est tendu, il n&rsquo;est physiologiquement pas possible de l&rsquo;\u00e9tirer.<\/p>\n<h4>C&rsquo;est surtout un probl\u00e8me de faiblesse de hanche, n&rsquo;est-ce pas ? Heu&#8230; pas vraiment.<\/h4>\n<p class=\"text\">Une faiblesse de la hanche n&rsquo;est pas un indicateur fiable de l&rsquo;apparition d&rsquo;une douleur de l&rsquo;ITB, cependant les individus souffrant de douleurs de l&rsquo;ITB ont une faiblesse de la hanche (14). Ce qui sugg\u00e8re que la douleur de l&rsquo;ITB provoque une faiblesse de hanche mais pas l&rsquo;inverse, comme il a aussi \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 dans la douleur f\u00e9moro-patellaire (12). De mani\u00e8re assez intrigante, Fairclough et ses coll\u00e8gues postulent que la compression du tissu mou, richement innerv\u00e9, se trouvant entre l&rsquo;ITB et le condyle f\u00e9moral lat\u00e9ral provoque l&rsquo;inhibition de la musculature proximale. Il en r\u00e9sulte une strat\u00e9gie inadapt\u00e9e visant \u00e0 r\u00e9duire les forces de compression agissant sur ce tissu mou (3). Toutefois, il n&rsquo;en demeure pas moins que le renforcement de la hanche est une composante importante de la douleur de l&rsquo;ITB, comme nous verrons dans la partie 2 de ce blog.<\/p>\n<p class=\"text\">Dans la partie 2, nous discuterons des progressions de traitement et des recommandations concernant la reprise de la course chez un coureur souffrant de douleurs de l&rsquo;ITB.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dr Rich Willy, PT, PhD, nous d\u00e9voile ici la premi\u00e8re moiti\u00e9 d&rsquo;une s\u00e9rie de deux blogs traitant de la douleur de la bandelette ilio-tibiale (ITB)&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"author":5110,"featured_media":3087,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[451],"tags":[466,468,464,463,467,465],"class_list":["post-3083","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-genou","tag-bandelette","tag-coureur","tag-ilio","tag-ilio-tibiale","tag-itb","tag-tibiale"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3083","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5110"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3083"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3083\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3487,"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3083\/revisions\/3487"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3087"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3083"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3083"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.physio-network.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3083"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}