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Il n'y a pas de différence de répartition et de prévalence selon la morphologie osseuse de la hanche entre les footballeurs avec ou sans douleur de hanche et de l'aine : résultats de la cohorte FORCe

Une analyse de Dr Alison Grimaldi info

POINTS CLÉS

  1. Il n'y a pas de différence de répartition et de prévalence de la morphologie de type came entre les footballeurs avec ou sans douleur de hanche et de l'aine
  2. La prévalence de la morphologie de type pince était faible, en particulier chez les femmes.
  3. La prévalence de la dysplasie acétabulaire était très faible.

CONTEXTE ET OBJECTIFS

Les douleurs à la hanche et à l'aine sont courantes chez les athlètes issu·e·s du football et des sports associés [football codes], et ont un certain impact sur la participation, les performances sportives et la qualité de vie. L'articulation de la hanche est reconnue comme une source courante de nociception, les caractéristiques morphologiques osseuses telles que la morphologie de type came [cam morphology], la morphologie de type pince [pincer morphology] et la dysplasie acétabulaire étant liées de manière variable aux symptômes.

Cette étude sur des joueur·se·s de football sub-elite ["presque" de haut-niveau] (football et football australien) a utilisé des mesures initiales de la femoroacetabular impingement and hip osteoarthritis cohort (FORCe). L'étude visait à : (i) comparer la proportion et la prévalence selon la morphologie osseuse de la hanche en séparant hommes et femmes ; et (ii) déterminer la relation entre la proportion de morphologie osseuse de la hanche et les symptômes et douleurs liés à la hanche et/ou à l'aine.

Les douleurs à la hanche et à l'aine sont courantes chez les athlètes issus du football et des sports associés.
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Il est peu probable que la morphologie osseuse soit la seule raison du développement de la douleur de hanche.

MÉTHODE

Des footballeur·se·s sub-elite ont été recrutés dans des clubs de football et de football australiens. L'imagerie a été réalisée sur 184 joueurs (290 hanches ; 20 % de femmes) avec des douleurs à la hanche et / ou à l'aine et un test FADIR positif ; et 55 joueurs asymptomatiques (110 hanches ; 25 % de femmes) avec un test FADIR négatif.

Des radiographies antéro-postérieures du bassin en décubitus dorsal et selon l'incidence de Dunn à 45° ont été collectées, et l'angle alpha et le lateral-centre-edge-angle (LCEA) mesurés. Des mesures effectuées par les patient·e·s ont également été collectées, comme l'International Hip Outcome Tool (iHOT33) et le Copenhagen Hip and Groin Outcome Score (HAGOS). Le HAGOS se compose de six sous-échelles, mais seules les échelles «douleur» et «symptômes» ont été analysées dans cette étude, afin d'évaluer la relation entre la morphologie osseuse et la douleur et les symptômes de hanche.

RÉSULTATS

Un résumé des résultats sur la prévalence selon le type de morphologie osseuse de la hanche chez les personnes avec et sans douleur à la hanche / à l'aine est illustré dans la figure 1.

Image

Chez les footballeurs masculins, il n'y avait pas de différence de la proportion et de la prévalence des variations morphologiques selon la présence de douleur. Cependant, les hanches douloureuses chez les femmes avaient en moyenne un angle alpha légèrement plus grand (5,9°) par rapport aux hanches indolores, mais avec une significativité clinique incertaine.

La prévalence de la morphologie de type pince, en particulier chez les femmes, était faible dans cette cohorte. Chez les footballeuses, il y avait une association entre un plus grand LCEA (indiquant une plus grande couverture acétabulaire) et des scores plus élevés sur la sous-échelle HAGOS Pain, mais pas sur la sous-échelle HAGOS Symptom.

Les taux de dysplasie acétabulaire chez ces footballeur·se·s étaient très faibles et ne permettaient pas une analyse statistique de l'association avec la douleur ou les symptômes.

LIMITES

  • Une source intra-articulaire de nociception ne peut être confirmée par un test FADIR, en raison de la faible spécificité de ce test (1). Par conséquent, ces résultats reflètent une association avec les symptômes, plutôt qu'une relation causale avec la pathologie de l'articulation de la hanche ou la nociception.
  • Le protocole radiographique bidimensionnel peut avoir sous-estimé la prévalence ou la taille des variations osseuses.
  • Le faible nombre de femmes dans cette étude réduit la confiance dans les corrélations et les prévisions de prévalence pour la communauté féminine au sens large.

IMPLICATIONS CLINIQUES

La conclusion générale de cette étude était que, pour cette cohorte de footballeur·se·s, la proportion et la prévalence des variantes morphologiques osseuses de la hanche étaient similaires pour les joueur·se·s avec et sans douleur à la hanche et / ou à l'aine. L'implication clinique est que la morphologie osseuse est peu susceptible d'être la seule raison du développement d'une douleur de hanche, car les variantes morphologiques sont tout aussi courantes chez les footballeur·se·s sans douleur que chez celles et ceux avec une douleur. Cela signifie que nous devons identifier d'autres facteurs de douleur de hanche qui pourraient être modifiables et donc potentiellement exploitables en rééducation.

Cependant, les résultats de cette étude n'indiquent pas que la morphologie osseuse n'est pas pertinente, car des recherches antérieures ont déterminé que la morphologie de type came (2) et la dysplasie acétabulaire (3) augmentent toutes deux le risque d'arthrose précoce. La présence de caractéristiques morphologiques osseuses particulières peut donc influencer des approches spécifiques de gestion de la charge et de prescription d'exercice utilisées avec de tels patient·e·s.

+RÉFÉRENCES

Heerey J, Agricola R, Smith A, Kemp J, Pizzari T, King M, Lawrenson P, Scholes M and Crossley K (2020) The size and prevalence of bony hip morphology does not differ between football players with and without hip and/or groin pain: Findings from the FORCe cohort. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, doi: 10.2519/jospt.2021.9622.

RÉFÉRENCES CITÉES

  1. Reiman, M., Goode, A., Cook, C., Hölmich, P. and Thorborg, K., 2014. Diagnostic accuracy of clinical tests for the diagnosis of hip femoroacetabular impingement/labral tear: A systematic review with meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 49(12), pp.811-811.
  2. van Klij, P., Heerey, J., Waarsing, J. and Agricola, R., 2018. The prevalence of cam and pincer morphology and its association with development of hip osteoarthritis. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 48(4), pp.230-238.
  3. Agricola, R., Heijboer, M., Roze, R., Reijman, M., Bierma-Zeinstra, S., Verhaar, J., Weinans, H. and Waarsing, J., 2013. Pincer deformity does not lead to osteoarthritis of the hip whereas acetabular dysplasia does: acetabular coverage and development of osteoarthritis in a nationwide prospective cohort study (CHECK). Osteoarthritis and Cartilage, 21(10), pp.1514-1521.
En collaboration avec l'Agence EBP
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