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- Numéro 82
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Guérison spontanée des lésions méniscales associées aux ruptures du LCA et impact sur le moment de la chirurgie du LCA
POINTS CLÉS
- Les lésions méniscales sont associées à jusqu’à 40 % des ruptures du ligament croisé antérieur (LCA).
CONTEXTE ET OBJECTIFS
On estime qu’environ 400 000 reconstructions du ligament croisé antérieur (LCA) sont réalisées chaque année dans le monde, et ce nombre continue d’augmenter (1). Les lésions méniscales sont associées aux ruptures du LCA dans jusqu’à 40,5 % des cas (2). La préservation du tissu méniscal constitue un objectif thérapeutique majeur pour la santé du genou à long terme (3). L’état du ménisque après une reconstruction du LCA est un facteur prédictif important des modifications dégénératives post-opératoires et du risque de développer une arthrose. Bien que les techniques de réparation méniscale se soient améliorées, les résultats demeurent imparfaits. Jusqu’à 10 % des patients nécessitent une reprise chirurgicale dans les deux ans et jusqu’à 20 % des réparations échouent dans les cinq ans (4, 5).
Des données récentes ont montré que le ménisque possède un potentiel de cicatrisation spontanée, suggérant qu’un report de la chirurgie pourrait parfois être bénéfique afin de laisser le temps à cette guérison naturelle de se produire. Cette capacité de cicatrisation varie toutefois considérablement selon la localisation et le type de lésion. Les lésions du ménisque latéral et les déchirures longitudinales semblent présenter le meilleur potentiel de guérison grâce à une vascularisation plus importante et à des caractéristiques biomécaniques favorables.
Dans cet article, les auteurs ont cherché à décrire les trajectoires de cicatrisation méniscale après une rupture du LCA, à étudier l’association entre les caractéristiques des lésions et leur évolution, et à proposer un cadre d’aide à la décision concernant le moment optimal de la reconstruction du LCA.
Les patients présentant un genou stable, une lésion méniscale appartenant à une catégorie favorable à la cicatrisation et n’étant pas pressés de reprendre le sport disposent désormais d’arguments supplémentaires pour retarder leur reconstruction du LCA jusqu’à trois mois.
MÉTHODE
- 2 723 patients (1 979 hommes, 744 femmes ; âge moyen : 29 ans) ont été inclus dans cette étude menée sur une période de trois ans, de 2020 à 2023.