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Que la force soit avec toi : comparaison de la force de réaction de l'articulation fémoro-patellaire lors de différentes activités et interventions physiques - revue systématique et méta-analyse

Une analyse de Tom Goom info

POINTS CLÉS

  1. Cette revue systématique a examiné la force de réaction de l'articulation fémoro-patellaire (patellofemoral joint reaction force, PFJRF) au cours de diverses activités et exercices ainsi qu'à la suite d'interventions physiques.
  2. Elle a inclus à la fois des individus en bonne santé et ceux souffrant de douleurs fémoro-patellaires ou d'arthrose. Cependant, elle n'a trouvé aucune différence significative dans la PFJRF entre ces populations.
  3. Les activités avec une plus grande flexion du genou ont entraîné une PFJRF plus élevée, bien que les résultats soient variables d'une étude à l'autre.

CONTEXTE ET OBJECTIFS

La force de réaction de l'articulation fémoro-patellaire (PFJRF) est créée par la tension sur le tendon du quadriceps et la patella qui est repoussée contre la trochlée fémorale. Elle peut augmenter en raison d'une plus grande force musculaire du quadriceps ou d'une augmentation de la flexion du genou. En théorie, une augmentation des forces articulaires peut influencer les symptômes de la douleur fémoro-patellaire (PFP), il est donc utile pour nous de comprendre quelles activités peuvent influencer la PFJRF.

Cette revue systématique visait à examiner la PFJRF dans les activités quotidiennes, les exercices et les interventions, et à comparer les individus en bonne santé avec ceux atteints de PFP ou d'arthrose.

La force de réaction de l'articulation fémoro-patellaire peut augmenter en raison d'une plus grande force musculaire du quadriceps ou d'une flexion accrue du genou.
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Nous pourrions appliquer cela à la course en augmentant la fréquence des pas pour réduire la charge fémoro-patellaire.

MÉTHODE

  • Une stratégie de recherche exhaustive a été utilisée pour identifier les études pertinentes dans les principales bases de données électroniques. Celle-ci a été réalisée en janvier 2019 et mise à jour en novembre 2020. La liste de référence de ces articles a ensuite été utilisée pour identifier d'autres recherches.

  • Les critères de sélection ont été suivis, et la revue a inclus des études transversales faisant état de la PFJRF pendant des activités et/ou des exercices thérapeutiques, et des études interventionnelles étudiant les effets de diverses interventions (telles que des orthèses, attelles ou bandes de tape) sur la PFJRF. Les études devaient inclure la population cible : les personnes en bonne santé ou celles atteintes de PFP ou d'arthrose.

  • Dans la mesure du possible, les données des études ont été regroupées pour une méta-analyse. La qualité des études et le risque de biais ont également été évalués.

RÉSULTATS

  • Au total, 71 articles ont répondu aux critères de sélection et ont été inclus dans cette revue systématique. Les résultats en termes de PFJRF approximative pour les individus en bonne santé au cours de diverses activités sont résumés dans la figure 1 (PC = poids du corps).

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  • Généralement, les activités impliquant une plus grande flexion du genou ou une plus grande charge externe ont entraîné une PFJRF plus élevée.

  • Les auteurs déclarent : « Il n'y avait aucune différence perceptible dans le pic de PFJRF au cours des activités quotidiennes entre les individus en bonne santé et ceux atteints de PFP/d'arthrose ».

  • En termes d'effets des interventions, on ne peut pas en conclure grand-chose, car il n'a pas été possible de regrouper les résultats.

LIMITES

  • Dans certains domaines, les recherches étaient limitées et une méta-analyse n'a pas pu être effectuée (comme la comparaison entre les individus en bonne santé et ceux atteints de PFP/d'arthrose).

  • Toutes les études présentaient un risque élevé de biais et la taille des échantillons était généralement petite (et souvent les calculs de taille d'échantillon n'étaient pas rapportés).

  • Des approches hétérogènes ont été utilisées, ce qui peut expliquer la grande variété des PFJRF de la figure 1. Par exemple, certaines études ont utilisé des charges externes ou une plus grande amplitude de mouvement ce qui influence les résultats. Il est donc important de les considérer comme des valeurs approximatives.

IMPLICATIONS CLINIQUES

La revue suggère que la PFJRF est plus importante avec des activités qui impliquent une plus grande flexion du genou. Cela peut être encore augmenté par une charge externe plus importante, par ex. un squat bas [deep squat] avec une charge élevée.

On pense également que l'augmentation de la flexion du genou augmente la zone de contact et peut donc réduire la pression de contact fémoro-patellaire. Les auteurs de cet article ajoutent que ce serait le cas dans un genou "normalement aligné", mais on pense que certains mouvements pendant la mise en charge (comme l'augmentation de l'adduction de la hanche et/ou la rotation interne) peuvent réduire la zone de contact et augmenter la pression de contact (1).

En théorie, dans un cadre clinique, si nous souhaitons réduire la PFJRF, nous avons trois options :

  1. Réduire l'amplitude de flexion du genou pendant la mise en charge
  2. Réduire la charge externe
  3. Réduire l'adduction de la hanche/la rotation interne pendant la mise en charge

Nous pourrions appliquer cela à un squat - en n'amenant pas le patient à aller aussi loin en flexion (par exemple jusqu'à 70 à 80 degrés), commencer avec des poids légers et demander un mouvement avec une adduction minimale de la hanche. Nous pourrions appliquer cela à la course en augmentant la fréquence des pas pour réduire la charge fémoro-patellaire (2) et la douleur (3). Pour y parvenir, il nous faut réduire la flexion du genou et l'adduction de la hanche pendant la phase d'appui, associée à une réduction de la force maximale du quadriceps (2).

Notre objectif n'est pas toujours de réduire la charge ! Cela peut être approprié lorsque les symptômes sont présents et qu'il y a une irritabilité, mais nous cherchons souvent à revenir progressivement à la charge lorsque cela est possible. Comprendre la charge approximative pendant diverses activités, comme indiqué dans cette revue, peut nous aider à planifier une approche progressive. En fin de compte, ce seront les symptômes du patient qui nous guideront, parallèlement à ses objectifs.

Le lien exact entre la PFJRF et la douleur est complexe et l'absence de différence entre les individus en bonne santé et ceux atteints de PFP/OA le met en évidence. Les auteurs mentionnent également des recherches qui suggèrent que la 'sous-charge' sur le cartilage peut être un problème. Cette revue fournit des informations intéressantes pour guider notre raisonnement, mais, comme toujours, elle devra être adaptée pour répondre aux besoins individuels.

+RÉFÉRENCES

Hart H, Patterson B, Crossley K, Culvenor A, Khan M, King M, Sritharan P (2022) May the force be with you: understanding how patellofemoral joint reaction force compares across different activities and physical interventions-a systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med, 56(9), 521-530.

RÉFÉRENCES CITÉES

  1. Powers CM. The influence of abnormal hip mechanics on knee injury: a biomechanical perspective. J Orthop Sports Phys Ther. 2010 Feb;40(2):42-51.
  2. Lenhart RL, Thelen DG, Wille CM, Chumanov ES, Heiderscheit BC. Increasing running step rate reduces patellofemoral joint forces. Med Sci Sports Exerc. 2014 Mar;46(3):557-64.
  3. Bramah C, Preece SJ, Gill N, Herrington L. A 10% Increase in Step Rate Improves Running Kinematics and Clinical Outcomes in Runners With Patellofemoral Pain at 4 Weeks and 3 Months. Am J Sports Med. 2019 Dec;47(14):3406-3413.
En collaboration avec l'Agence EBP
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