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De la protection à la non-protection : une étude à méthodes mixtes portant sur le mouvement, la posture et la récupération dans le contexte d'une lombalgie invalidante

Une analyse de Dr Sarah Haag info

POINTS CLÉS

  1. Aider les personnes souffrant de lombalgie à devenir moins protectrices peut être un moyen efficace de lutter contre la lombalgie.
  2. Reconceptualiser le mouvement et la posture en les faisant passer de menaçants à thérapeutiques peut améliorer les résultats pour les personnes souffrant de lombalgie chronique.

CONTEXTE ET OBJECTIFS

La lombalgie est le problème de santé le plus invalidant au monde. Une posture améliorée et une mécanique corporelle appropriée sont souvent recommandées pour traiter la lombalgie. Cependant, l'impact de la lombalgie n'a pas diminué avec le recours à « l'amélioration de la posture et de la mécanique corporelle ».

Cette étude visait à comprendre comment les personnes atteintes de lombalgie persistante et invalidante conceptualisent les relations entre le mouvement, la posture, les facteurs psychologiques et la limitation d'activité et comment cette conceptualisation change suite à une intervention individualisée et multidimensionnelle.

La correction de la posture et de la mécanique corporelle n'a pas entraîné une diminution spectaculaire des douleurs lombaires.
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L'introduction des concepts de non-protection consciente et non consciente dans la pratique clinique courante peut avoir un impact positif sur les résultats pour les personnes atteintes de lombalgie.

MÉTHODE

  • Une conception d'étude avant-après à méthodes mixtes convergentes avec triangulation (pre-post triangulation convergent mixed methods design) a été utilisée pour incorporer des approches qualitatives et quantitatives dans le contexte de la réplication d'une étude existante en cas unique.

  • 12 participants atteints de lombalgie chronique ont terminé une phase initiale de cinq semaines, une intervention par thérapie fonctionnelle cognitive (TFC) de 12 semaines et une phase de suivi de cinq semaines.

  • Des entretiens ont été menés avec chaque participant, explorant ce que les participants ressentaient vis-à-vis de certains mouvements et postures. Les entretiens ont ensuite été analysés par le biais d'une analyse thématique réflexive par les chercheurs.

  • Tous les participants ont répondu à une enquête Qualtrics collectant des données relatives à une échelle d'évaluation numérique (NRS) pour la douleur, l'interférence de la douleur et la gêne liée à la douleur, ainsi que d'autres informations.

RÉSULTATS

  • Les 12 participants ont terminé l'étude. Tous les participants ont signalé des interactions importantes avec le système de santé et divers professionnels de santé.

  • 7 participants sur 12 ont signalé des comorbidités telles que l'athérosclérose, l'anxiété, la dépression ou les migraines. Un thème général de protection (conscient ou non) a été identifié chez tous les participants.

  • Après l'intervention de 12 semaines de TFC, la plupart des participants ont déclaré qu'ils ne croyaient plus que leur douleur était due à des structures endommagées. Il y a également eu un changement dans les émotions ; un passage du sentiment de peur, de l'inquiétude et de la frustration au bonheur, à l'espoir et à la confiance (voir la schéma ci-dessous).

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LIMITES

  • La conception de l'étude ne permettait aucune inférence causale sur les mécanismes ou les médiateurs des résultats.

  • Les participants à cette étude étaient limités à 12 personnes avec un IMC inférieur à 30, ce qui ne permet peut-être pas d'appliquer les résultats à toutes les personnes présentant une lombalgie.

IMPLICATIONS CLINIQUES

Malgré des ressources considérables consacrées au traitement de la lombalgie, les niveaux d'invalidité continuent d'augmenter (2). Des croyances inexactes sur la lombalgie, la posture et l'activité sont présentes dans la société et sont souvent renforcées par des professionnels de la santé bien intentionnés. L'évaluation de la posture et les recommandations d'utiliser la « bonne » posture pour traiter ou prévenir la lombalgie sont utilisées depuis des années et continuent d'être enseignées aujourd'hui. Ces croyances perdurent malgré l'absence de relation causale entre la posture et la lombalgie (3). Ceci est soutenu par un examen des recommandations de pratique clinique où seulement 3 des 15 recommandations examinées mentionnent l'évaluation de la posture (4).

Cette étude a identifié qu'il existe des niveaux de protection consciente et non consciente qui sont présents lorsque les gens ressentent plus de douleur ou d'incapacité. Les conseils des professionnels de santé, tels que « soyez prudent » ou les propos suggérant des lésions ou une pathologie, peuvent contribuer à une protection consciente et non consciente accrue. L'une des citations les plus révélatrices de l'étude était "faire tout le contraire de ce qu'on nous dit de faire... ça fait du bien... beaucoup de bien". L'introduction des concepts de non-protection consciente et non consciente dans la pratique clinique courante peut avoir un impact positif sur les résultats pour les personnes atteintes de lombalgie.

+RÉFÉRENCES

Wernli K, Smith A, Coll F, Campbell A, Kent P, O’Sullivan P (2022) From protection to non‐protection: A mixed methods study investigating movement, posture and recovery from disabling low back pain. European Journal of Pain, 26(10), 2097–2119.

RÉFÉRENCES CITÉES

  1. Wernli, K, O’Sullivan, P, Smith, A, Campbell, A & Kent, P 2020, ‘Movement, posture and low back pain. How do they relate? A replicated single‐case design in 12 people with persistent, disabling low back pain’, European Journal of Pain.
  2. Dieleman, JL, Cao, J, Chapin, A, Chen, C, Li, Z, Liu, A, Horst, C, Kaldjian, A, Matyasz, T, Scott, KW, Bui, AL, Campbell, M, Duber, HC, Dunn, AC, Flaxman, AD, Fitzmaurice, C, Naghavi, M, Sadat, N, Shieh, P & Squires, E 2020, ‘US Health Care Spending by Payer and Health Condition, 1996-2016’, JAMA, vol. 323, no. 9, p. 863.
  3. Swain, CTV, Pan, F, Owen, PJ, Schmidt, H & Belavy, DL 2019, ‘No consensus on causality of spine postures or physical exposure and low back pain: A systematic review of systematic reviews’, Journal of Biomechanics, p. 109312.
  4. Oliveira, CB, Maher, CG, Pinto, RZ, Traeger, AC, Lin, C-WC, Chenot, J-F, van Tulder, M & Koes, BW 2018, ‘Clinical practice guidelines for the management of non-specific low back pain in primary care: an updated overview’, European Spine Journal, vol. 27, no. 11, pp. 2791–2803.
En collaboration avec l'Agence EBP
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