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Évaluation et investigation précoce du syndrome de la queue de cheval – une revue systématique des recommandations internationales existantes et un résumé des preuves actuelles

Une analyse de Dr Sandy Hilton info

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POINTS CLÉS

  1. Le syndrome de la queue de cheval est une urgence nécessitant une orientation immédiate pour une prise en charge rapide.
  2. Une IRM en urgence est nécessaire en présence de drapeaux rouges.
  3. Un retard dans la réalisation de l’IRM retarde le diagnostic et la prise en charge, ce qui peut entraîner des séquelles à long terme, notamment au niveau des fonctions intestinales et vésicales.

CONTEXTE ET OBJECTIFS

Le syndrome de la queue de cheval (CES) est une urgence clinique causée par une hernie discale, une compression due à des changements dégénératifs, des tumeurs, des fragments osseux ou des infections. L’IRM est la référence absolue pour établir un diagnostic définitif. Les signes et symptômes cliniques incluent des douleurs radiculaires bilatérales, des troubles sensoriels dans la région périnéale, ou des dysfonctionnements intestinaux ou vésicaux (apparition soudaine d’incontinence, de rétention ou de douleurs) (1). Le dépistage clinique seul ne suffit pas pour poser un diagnostic, ce qui justifie la nécessité d’une IRM en urgence (2).

Les auteurs ont réalisé une revue systématique sur le CES afin de créer un résumé accessible des connaissances actuelles, dans le but de favoriser un dépistage plus cohérent et des orientations plus rapides, afin de réduire le nombre de diagnostics manqués entraînant des conséquences à long terme importantes (3).

Le syndrome de la queue de cheval est une urgence clinique causée par une hernie discale, une compression due à des changements dégénératifs, des tumeurs, des fragments osseux ou des infections.
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Les cliniciens doivent dépister le syndrome de la queue de cheval. Au-delà des questions classiques sur les drapeaux rouges, nous disposons d’un bon outil : le questionnaire Oswestry, qui inclut une question sur la dysfonction sexuelle.

MÉTHODE

Dans cette revue systématique, les auteurs ont exclu les articles publiés avant l’an 2000, car le dépistage par IRM n’était pas suffisamment disponible avant cette date.

RÉSULTATS

  • Neuf articles ont été inclus dans la revue parmi les 307 identifiés initialement.

  • Une IRM en urgence a été recommandée par tous les articles en présence de drapeaux rouges. Le terme urgent est défini comme dans l’heure ou dans un délai de quatre heures dans les deux articles ayant précisé un cadre temporel.

Les drapeaux rouges identifiés dans les neuf articles incluent :

  • Troubles sensitifs péri-anaux, périnéaux ou en « selle »
  • Apparition soudaine de troubles urinaires ou intestinaux
  • Douleur radiculaire/sciatique
  • Faiblesse musculaire
  • Dysfonction sexuelle

Une stratification des symptômes est proposée par Todd (2) :

  • CES-S (suspicion/suspecté) : IRM urgente dès que possible

  • CES-I (incomplet, c’est-à-dire signes présents sans rétention urinaire) : IRM urgente, probabilité élevée d’orientation chirurgicale

  • CES-R (avec rétention urinaire) : IRM urgente, probabilité élevée d’orientation chirurgicale

La dysfonction sexuelle est un drapeau rouge important, en particulier lorsqu’elle est associée à des troubles intestinaux ou vésicaux (4).

LIMITES

  • Certains des examens de dépistage recommandés ne sont pas réalisés de manière routinière par les kinésithérapeutes (par exemple, l’examen rectal digital).

  • Selon la juridiction, les kinésithérapeutes peuvent ne pas être autorisés à prescrire des IRM en urgence.

  • Ces résultats ne sont pas applicables aux populations pédiatriques.

IMPLICATIONS CLINIQUES

Bien qu’il n’y ait pas de consensus sur le délai exact pour obtenir une IRM, il existe un consensus sur le fait qu’urgent signifie le jour même. Cela pose problème dans les systèmes de santé ayant un accès limité à l’IRM, que ce soit en raison d’un manque de disponibilité ou d’un refus de prise en charge par des tiers payeurs. L’individu court un risque important de lésions au système nerveux périphérique, ainsi qu’à la fonction intestinale, vésicale ou sexuelle. Ce n’est pas un problème lié à l’âge, et l’urgence est la même quel que soit l’âge ou le lieu de résidence du patient.

En pratique, cela signifie que les cliniciens doivent dépister systématiquement le syndrome de la queue de cheval (CES). Au-delà des questions standard sur les drapeaux rouges, nous disposons d’un outil utile : le questionnaire Oswestry sur l’incapacité liée aux lombalgies, qui inclut une question sur la dysfonction sexuelle (5). Combinée à un changement soudain des fonctions intestinales ou urinaires, la dysfonction sexuelle constitue un motif clair d’orientation urgente. Le questionnaire Oswestry a été révisé en 2001 pour supprimer la question sur la sexualité, dans un souci de confort pour les chercheurs et cliniciens, afin d’éviter d’aborder le sujet (6).

Cette révision devrait être abandonnée en pratique clinique, car elle réduit notre capacité à dépister le CES ou à orienter vers une prise en charge en kinésithérapie pelvienne. La sexualité ne devrait jamais être douloureuse. Certains avancent que la sexualité est un sujet délicat — ce qui est vrai — mais c’est aussi une activité de la vie quotidienne, et tout changement soudain dans la fonction sexuelle peut signaler un besoin médical urgent. Cela ne doit pas être ignoré par souci de pudeur. En tant que cliniciens, nous avons la responsabilité de répondre aux besoins urgents de nos patients, et cela nécessite de poser les questions sensibles, au bon moment.

+RÉFÉRENCES

Hennessy O, Devitt A, Synnot K, Timlin M (2025) Assessment and early investigation of cauda equina syndrome- A systematic review of existing international guidelines and summary of the current evidence, European Spine Journal (Preprint).

RÉFÉRENCES CITÉES

  1. Mustafa, M.A. et al. (2023) ‘Definition and surgical timing in cauda equina syndrome–an updated systematic review’, PLOS ONE, 18(5).
  2. Todd, N.V. (2005) ‘Cauda equina syndrome: The timing of surgery probably does influence outcome’, British Journal of Neurosurgery, 19(4), pp. 301306.
  3. Todd, N.V. (2015) ‘Cauda equina syndrome’, The Bone & Joint Journal,97-B(10), pp. 1390–1394.
  4. Todd, N.V. (2005) ‘Cauda equina syndrome: The timing of surgery probably does influence outcome’, British Journal of Neurosurgery, 19(4), pp. 301306.
  5. Yates, M. and Shastri-Hurst, N. (2017) ‘The oswestry disability index’,Occupational Medicine, 67(3), pp. 241–242.
  6. Oswestry disability index (no date) Shirley Ryan AbilityLab.
En collaboration avec l'Agence EBP
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