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Comparaison d'un programme complet d'entraînement à charges élevées supervisé à un programme d'entraînement à domicile chez des patients atteints du syndrome de conflit sous-acromial : essai randomisé

Une analyse de Jared Powell info

POINTS CLÉS

  1. L'entraînement supervisé à haute intensité n'est pas supérieur à l'entraînement à domicile à faible intensité dans la prise en charge de la douleur sous-acromiale (DSA) dans cet échantillon de participants.
  2. Les deux types d'exercices semblent améliorer la douleur et la fonction de base dans cette cohorte de personnes atteintes de DSA.
  3. La structure optimale d'un programme d'exercices dans la prise en charge de la DSA demeure inconnue.

CONTEXTE ET OBJECTIFS

La thérapie par l'exercice est l'intervention de première intention recommandée dans la prise en charge de la douleur sous-acromiale (DSA) (je refuse d'utiliser le terme conflit) (1). La thérapie par l'exercice est un terme générique qui peut inclure des éléments bien différents, des étirements au renforcement en passant par des exercices de contrôle moteur. Il s'agit du traitement le plus populaire proposé par les kinésithérapeutes dans la prise en charge de la DSA (2). Malgré la popularité de l'exercice parmi les kinésithérapeutes et les recommandations incitatives à sa prescription dans les directives de pratique clinique, la structure exacte du programme d'exercice «optimal» pour la DSA n'est pas claire.

Cet essai contrôlé randomisé visait à comparer un programme d'entraînement supervisé à résistance élevée (heavy resistance, HR) (groupe 1) avec un programme d'entraînement à domicile à faible intensité (groupe 2). Les auteurs ont émis l'hypothèse que le programme d'entrainement en HR serait supérieur.

La thérapie par l'exercice est l'intervention de première intention recommandée dans la prise en charge de la douleur sous-acromiale.
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De nombreuses options d'exercices sont disponibles pour aider une personne souffrant de douleurs à l'épaule, car la plupart des programmes d'exercices amélioreront une certaine dimension de l'expérience de la douleur de cette personne.

MÉTHODE

Il s'agissait d'un essai contrôlé randomisé. Les critères d'inclusion étaient :

  • Douleur sous-acromiale à l'épaule de toute intensité et durée
  • 3 tests positifs sur 5 parmi les suivants : test de Neer, test de Hawkins Kennedy, arc douloureux, test de Jobe et rotation externe résistée

Les deux groupes ont suivi un programme d'exercices de 12 semaines. Les deux programmes d'exercices consistaient en des exercices comprenant des étirements, des exercices de mobilité, des exercices de renforcement et des exercices posturaux.

Le programme d'entrainement en HR supervisé (groupe 1) comportait des :

  • Exercices d'amplitude de mouvement
  • Exercices de renforcement, notamment : RE en DL, RI, élévation dans le plan de la scapula, push up plus, serratus supine punch, low row, high row
  • Exercices d'étirement, notamment du petit pectoral, de la capsule postérieure et inférieure

Le programme d'entraînement à domicile (groupe 2) comportait :

  • 1 exercice d'amplitude de mouvement
  • 3 exercices de renforcement : rotation externe en position neutre et à 90 degrés d'abduction et renforcement du dentelé antérieur
  • Étirement des pectoraux et étirement postérieur des épaules

Voir la vidéo pour une démonstration des deux programmes d'exercices.

PROGRAMMES D'EXERCICES EFFECTUÉS https://youtu.be/j9BSma2rmaE

Une différence clé entre les programmes était l'intensité des exercices. Le groupe 1 faisait progresser les exercices selon les répétitions maximales (RM). Au cours des 3 dernières semaines du programme d'exercices, le groupe 1 a atteint une intensité de 6 RM. Le groupe 2 a également progressé dans les répétitions et la résistance des exercices, mais à une intensité plus faible et non basée sur une mesure objective.

Les principaux résultats mesurés étaient le score de Constant-Murley (CS) et le Shoulder Rating Score (SRQ) et ceux-ci ont été mesurés au départ et à 9 mois.

RÉSULTATS

  • 126 participants (63 dans chaque groupe) ont été inclus dans l'étude, 65 hommes et 61 femmes. L'âge moyen était de 61 ans.

  • Les deux groupes ont montré des améliorations statistiquement et cliniquement significatives entre le début et les mesures à 3 et 6 mois. La question clé est la suivante : y avait-il une différence significative entre les groupes ? La réponse est non. Les deux groupes se sont améliorés de manière similaire.

  • L'observance était similaire entre les groupes, tout comme le taux d'abandon, qui était substantiel pour les deux groupes.

LIMITES

  • Il s'agit d'une étude correcte : une bonne taille d'échantillon de 126 sujets, des méthodes décentes et des critères d'inclusion applicables dans le monde réel.

  • Le taux d'abandon mérite discussion : 27 participants ont abandonné le programme d'entrainement à HR et 21 participants ont abandonné le programme à domicile de faible intensité. Bien que cela semble mauvais à première vue, les auteurs ont le mérite d'avoir utilisé une analyse en intention de traiter, qui est un moyen de minimiser tout biais pouvant survenir en raison de ce taux d'abandon.

  • La plupart des participants ont exprimé une préférence pour le groupe d'entrainement à faible intensité, et cela pourrait avoir affecté les résultats du groupe d'entrainement à HR.

  • Nous aurions peut-être pu glaner plus d'informations sur la question de recherche si les exercices étaient limités aux seuls exercices contre résistance. L'ajout d'étirements, d'exercices posturaux et d'exercices de mobilité ne fait qu'ajouter plus de complexité à l'interprétation des résultats.

  • L'âge moyen était de 61 ans et peut-être qu'une personne de 61 ans avec une DSA pourrait réagir différemment à un programme d'entrainement en HR par rapport à une personne de 30 ans. Il s'agit d'un point important.

IMPLICATIONS CLINIQUES

Bon, alors qu'est-ce que tout cela signifie ? En bref, un programme d'entraînement supervisé en HR basé sur la RM n'est pas supérieur à un programme d'entraînement à domicile standardisé dans cette cohorte de personnes souffrant d'une DSA. Cependant, les deux programmes ont été associés à des améliorations cliniquement et statistiquement significatives par rapport au départ. Ce résultat n'est pas sans rappeler une étude du Lancet publiée en 2021 qui a failli 'casser' Internet (3).

Encore une fois, nous voyons une remise en question de l'idée selon laquelle les programmes d'exercices à haute intensité/volume sont supérieurs aux programmes à faible intensité/volume. Cela ne semble tout simplement pas être le cas dans la rééducation de pathologies musculosquelettiques courantes de diverses régions du corps (4,5).

Pour moi, on en revient aux mécanismes de l'exercice ; comment l'exercice est-il efficace pour améliorer la douleur et la fonction de l'épaule ? Nous voyons souvent que les mécanismes possibles de l'exercice pour la douleur à l'épaule sont peu en lien avec des variables mécaniques (telles que la force et la posture) (6) et plus en lien avec des facteurs psychosociaux, des effets contextuels et non spécifiques.

Cela signifie que de nombreuses options d'exercices sont disponibles pour aider une personne souffrant de douleurs à l'épaule, car la plupart des programmes d'exercices amélioreront une certaine dimension de l'expérience de la douleur de cette personne, mais vous ne pourrez peut-être pas la voir et la mesurer avec votre dynamomètre !

+RÉFÉRENCES

Schydlowsky P, Szkudlarek M, & Madsen O (2022) Comprehensive supervised heavy training program versus home training regimen in patients with subacromial impingement syndrome: a randomized trial. BMC Musculoskelet Disord, 23(1), 52.

RÉFÉRENCES CITÉES

  1. Pieters, L., et al., An Update of Systematic Reviews Examining the Effectiveness of Conservative Physical Therapy Interventions for Subacromial Shoulder Pain. J Orthop Sports Phys Ther, 2020. 50(3): p. 131-141.
  2. Smythe, A., et al., Physiotherapists deliver management broadly consistent with recommended practice in rotator cuff tendinopathy: An observational study. Musculoskelet Sci Pract, 2020. 47: p. 102132.
  3. Hopewell, S., et al., Progressive exercise compared with best practice advice, with or without corticosteroid injection, for the treatment of patients with rotator cuff disorders (GRASP): a multicentre, pragmatic, 2 × 2 factorial, randomised controlled trial. The Lancet, 2021. 398(10298): p. 416-428.
  4. Messier, S.P., et al., Effect of High-Intensity Strength Training on Knee Pain and Knee Joint Compressive Forces Among Adults With Knee Osteoarthritis: The START Randomized Clinical Trial. JAMA, 2021. 325(7): p. 646-657.
  5. Ganderton, C., et al., Gluteal Loading Versus Sham Exercises to Improve Pain and Dysfunction in Postmenopausal Women with Greater Trochanteric Pain Syndrome: A Randomized Controlled Trial. J Womens Health (Larchmt), 2018. 27(6): p. 815-829.
  6. Powell, J.K. and J.S. Lewis, Rotator Cuff-Related Shoulder Pain: Is It Time to Reframe the Advice, "You Need to Strengthen Your Shoulder"? J Orthop Sports Phys Ther, 2021. 51(4): p. 156-158.
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