Adapter le modèle dynamique de prise en charge des blessures chez le sportif à celui des commotions cérébrales : vers une approche individualisée de la prévention, de la détection, de l'évaluation et du traitement

Une analyse de Dr Travis Pollen info

POINTS CLÉS

  1. Les facteurs de risque de commotion cérébrale rendent les athlètes sujets à la commotion cérébrale. La connaissance des facteurs de risque peut aider le praticien à évaluer l'athlète et ainsi cibler la prévention des lésions directes.
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CONTEXTE ET OBJECTIFS

En 1994, Dr. Willem Meeuwisse a développé un modèle multifactoriel d'étiologie des blessures chez le sportif [1]. Le modèle a mis en évidence le rôle des facteurs de risque de blessure qui précèdent l'événement déclenchant (c'est-à-dire le mécanisme de lésion). Il a décomposé ces facteurs de risque en facteurs internes (par ex., antécédent de blessure, âge), qui prédisposent les athlètes aux blessures, et les facteurs externes (par ex. équipement, comportement de l'adversaire), qui augmentent le risque de blessures.

En 2007, Meeuwisse et ses collègues ont mis à jour ce modèle pour refléter la nature dynamique et répétitive des blessures [2]. Le modèle mis à jour met l'accent sur la nature en constante évolution (c'est-à-dire dynamique) des facteurs de risque pour un athlète. Ce nouveau modèle a été créé à partir de chaque session d'entrainement - avec ou sans blessure - pour recalibrer les facteurs de risque internes et externes de l'athlète (c'est-à-dire les facteurs qui se répètent). De cette manière, chaque session d’entraînement donnera l'occasion à l'athlète de s'adapter positivement ou négativement afin de diminuer ou d'augmenter le risque de blessure.

Le but de cet article était d'examiner la commotion cérébrale sous le prisme du protocole des blessures chez le sportif. Dans cette analyse, il est discuté des facteurs de risque de commotion cérébrale ainsi que des stratégies de détection et de gestion.

Chaque session d’entraînement donnera l'occasion à l'athlète de s'adapter positivement ou négativement afin de diminuer ou d'augmenter le risque de blessure.
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Si les symptômes augmentent lors des étapes ci-dessus, l'athlète doit cesser son activité jusqu'à ce que les symptômes disparaissent.

Facteurs de risque de commotion cérébrale

L'événement déclencheur d'une commotion cérébrale est généralement un impact sur la tête ou un coup reçu sur le corps dont la force est transmise jusqu'à la tête. Avant que l'événement déclancheur ne se produise, chaque athlète a une combinaison unique de facteurs qui peuvent augmenter son risque. De nouvelles preuves ont révélé que les éléments énumérés dans le tableau 1 font partie des facteurs de risque de commotion cérébrale.

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La compréhension de ces facteurs de risque aide les cliniciens à évaluer les risques de chaque athlète et oriente également les efforts de prévention vers l'atténuation des facteurs modifiables. Par exemple, un travail sur le contrôle neuromusculaire peut réduire l'incidence des commotions cérébrales.

Détection/dépistage des commotions cérébrales

Lorsqu'une commotion cérébrale est suspectée à la suite d'un événement déclancheur, les signes et symptômes énumérés dans le tableau 2 doivent être recherchés.

Image Deux des outils éprouvés pour le dépistage des commotions cérébrales sont le Concussion Recognition Tool (pour utilisation en dehors du terrain) [3] et le Sport Concussion Assessment Tool (pour une utilisation sur et en dehors du terrain) [4]. Lorsqu'une commotion cérébrale est détectée, l'athlète doit immédiatement cesser son activité sportive. Cependant, il n'est pas rare qu'il y ait un délai entre l'événement déclancheur et l'apparition des symptômes. Fait intéressant, des délais plus longs dans l'apparition des symptômes ont été associés à des temps de récupération plus longs.

Gestion des commotions cérébrales et récupération

La première étape dans la gestion d'une commotion cérébrale consiste à mettre en place 1 à 2 jours de repos physique et mental. Après le repos, la phase de retour progressif aux activités de la vie quotidienne peut débuter. Une fois que les symptômes ont disparu lors des activités de la vie quotidienne (généralement quelques jours après la blessure), le retour progressif aux études et au sport peut commencer.

Le retour aux études devrait se dérouler en plusieurs étapes, chaque étape durant au moins une journée : (1) activités extra-scolaires, (2) activités scolaires à l'école à temps partiel et (3) retour complet en cours. Il peut être nécessaire de faire quelques adaptations au niveau universitaire : un tiers temps pour les examens, un environnement calme, du temps supplémentaire pour rendre les devoirs et réduire le temps d'écran.

Le retour au sport peut avoir lieu en même temps que le retour aux études. Cela doit également se produire en plusieurs étapes : (1) exercices légers en aérobie, (2) exercices spécifiques au sport, (3) pratique du sport sans contact, (4) pratique avec contact et (5) retour complet au sport. L'exercice peut aider au processus de récupération, mais si les symptômes augmentent lors des étapes ci-dessus, l'athlète doit cesser son activité jusqu'à ce que les symptômes disparaissent.

En général, les athlètes peuvent s'attendre à des temps de récupération plus longs lorsque les symptômes sont plus importants. Dans les cas où les symptômes durent plus de 1 à 2 semaines, une évaluation multidimentionnelle doit être mise en œuvre, en prenant compte les retours de l'équipe pluridisciplinaire afin de construire une rééducation ciblée. Par exemple, l'athlète peut être orienté vers des spécialistes en rééducation vestibulaire, en rééducation cervicale et/ou en (neuro) psychologie.

En ce qui concerne le rôle du kinésithérapeute, le diagnostic différentiel des maux de tête et des vertiges est particulièrement important pour déterminer la meilleure approche de traitement. Par exemple, le traitement des maux de tête cervicogéniques, des vertiges paroxystiques positionnels bénins et du syndrome vestibulaire périphérique unilatéral se sont tous révélés efficaces avec la kinésithérapie.

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