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La puissance maximale et la capacité aérobie maximale chez les adultes âgés et très âgés dépendent-elles de leur niveau d’activité physique ?

Une analyse de Dr Mariana Wingood info

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POINTS CLÉS

  1. La puissance musculaire maximale (Pmax) et la capacité aérobie maximale (VO₂max) connaissent un déclin lié à l’âge, particulièrement marqué après 80 ans.
  2. La VO₂max est principalement influencée par la capacité cardiovasculaire et bénéficie de l’exercice aérobie, tandis que la Pmax dépend davantage de la force musculaire et répond mieux à l’entraînement en résistance.
  3. Le nombre quotidien de pas est associé à la VO₂max mais pas à la Pmax.

CONTEXTE ET OBJECTIFS

La puissance musculaire maximale (Pmax) et la capacité aérobie (VO₂max) diminuent toutes deux de manière significative avec l’âge, un processus particulièrement marqué après 80 ans (1). Alors que la VO₂max est principalement limitée par la capacité cardiaque et peut être mieux préservée grâce à un exercice aérobie régulier, la Pmax est davantage affectée par la perte de force musculaire que par la vitesse, et bénéficie surtout de l’entraînement en résistance (2). Cependant, il reste incertain de savoir si l’activité physique habituelle chez les personnes très âgées est suffisante pour compenser le déclin à la fois de la Pmax et de la VO₂max, car peu d’études se sont intéressées à ce groupe d’âge.

L’objectif de cette étude était d’examiner les effets de l’âge et du niveau d’activité physique (AP) sur la Pmax et la VO₂max, en particulier chez les personnes très âgées.

La puissance musculaire maximale et la capacité aérobie diminuent toutes deux de manière significative avec l’âge, un processus particulièrement marqué après 80 ans.
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La prescription d’exercices doit correspondre à l’objectif du patient – des exercices de puissance pour améliorer la puissance des membres inférieurs, et des activités aérobies pour augmenter la VO₂max.

MÉTHODE

Plan d’étude : Partie d’une évaluation plus large comprenant trois visites destinées à fournir une analyse complète des capacités physiques.

Participants : 39 jeunes hommes (âge moyen 22,1 ans), 34 hommes âgés (âge moyen 71,7 ans) et 23 hommes très âgés (âge moyen 85,8 ans).

Évaluations : Mesures anthropométriques, test progressif de VO₂max, protocole de profil force–vitesse et mesure de l’activité physique (AP). Le seuil de 10 000 pas par jour a été utilisé pour diviser les participants en deux groupes : AP élevée et AP faible.

Analyse : Des régressions linéaires ont été utilisées pour déterminer les taux de déclin de la VO₂max et de la Pmax avec l’âge.

RÉSULTATS

  • Par rapport aux jeunes hommes, les résultats pour la Pmax ont montré une diminution de 40 % chez les hommes âgés et de 64 % chez les hommes très âgés (p < .001).

  • Pour la VO₂max, la diminution observée était de 29 % chez les hommes âgés et de 51 % chez les hommes très âgés (p < .001). La VO₂max, mais pas la Pmax, était plus élevée chez les individus ayant un niveau d’activité physique (AP) élevé comparés à ceux ayant un niveau faible.

  • Concernant la force maximale, la diminution était de 29 % chez les hommes âgés et de 52 % chez les hommes très âgés (p < .01). En revanche, la vitesse maximale diminuait de 17 % chez les hommes âgés et de 28 % chez les hommes très âgés (tous les p < .01).

  • Chez les hommes très âgés, le nombre de pas par jour était associé à la VO₂max (r = 0,79 ; p < .001) et à la force maximale (r = 0,51 ; p < .05). De plus, la VO₂max était positivement corrélée à la force maximale (r = 0,72 ; p < .01).

LIMITES

Une limite de cette étude est qu’elle n’a inclus que des hommes en bonne santé, alors que la majorité des adultes âgés présentent malheureusement une forme de pathologie cardiaque. Par conséquent, les résultats sont limités dans leur généralisation à des populations cliniques habituelles.

IMPLICATIONS CLINIQUES

Les principaux résultats de l’étude étaient les suivants :

  1. La Pmax et la VO₂max diminuent avec l’âge, avec un déclin plus marqué après 80 ans.

  2. Le déclin lié à l’âge de la Pmax est principalement attribué à une réduction de la force maximale relative.

  3. Les hommes plus actifs présentaient une VO₂max plus élevée, mais une Pmax similaire par rapport aux hommes moins actifs, quel que soit l’âge.

  4. Les hommes actifs et moins actifs présentaient des taux de déclin similaires de la Pmax relative et de la VO₂max, avec des diminutions plus prononcées après 80 ans.

  5. Chez les hommes jeunes et âgés, la VO₂max était influencée par l’intensité de l’activité physique (AP) réalisée, tandis que chez les hommes très âgés, la VO₂max et la force maximale étaient toutes deux liées au volume d’activité physique ou au nombre de pas quotidiens.

Ces résultats peuvent être attribués à la spécificité de l’activité physique ou de l’exercice réalisé par les participants. L’activité a été mesurée par le nombre de pas, qui constitue une activité aérobie, mais l’étude ne s’est pas focalisée sur l’entraînement de la force ni de la puissance. Ainsi, il n’est pas surprenant que la VO₂max ait été associée au niveau d’activité physique, mais pas la puissance maximale.

Cette dernière peut être améliorée chez les personnes âgées grâce à des exercices spécifiquement axés sur la puissance (3). Pour la puissance musculaire des membres supérieurs et inférieurs, une méta-analyse de 16 essais randomisés contrôlés a montré un bénéfice significativement supérieur de l’entraînement de la puissance par rapport à l’entraînement de la force (différence moyenne standardisée : 0,99–1,00, p = 0,001–0,003) (3). Ainsi, si l’objectif est d’augmenter la puissance des membres inférieurs, le patient devrait se voir prescrire des exercices de puissance des membres inférieurs listés dans le Tableau 1 (3). Si l’objectif est d’augmenter la VO₂max, le patient devrait se voir prescrire des activités aérobies, y compris l’augmentation du nombre quotidien de pas, comme examiné dans cette étude.

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+RÉFÉRENCES

Luneau E, Rozand V, Millet G (2025) Are Maximal Power and Maximal Aerobic Capacity in Older and Very Old Adults Dependent on their Level of Physical Activity?. The Journals of Gerontology, Series A: Biological Sciences and Medical Sciences, 80(7).

RÉFÉRENCES CITÉES

  1. Li Z, Zhang Z, Ren Y, Wang Y, Fang J, Yue H, Ma S, Guan F. Aging and age‐related diseases: from mechanisms to therapeutic strategies. Biogerontology. 2021 Apr;22(2):165-87.
  2. Silva AW, Santos WR, Santos WR. The benefits of physical exercise for healthy aging. RBPFEX-Revista Brasileira de Prescrição e Fisiologia do Exercício. 2024 Apr 24;18(115):267-72.
  3. El Hadouchi M, Kiers H, de Vries R, Veenhof C, van Dieën J. Effectiveness of power training compared to strength training in older adults: a systematic review and meta-analysis. European Review of Aging and Physical Activity. 2022 Dec;19(1):18.
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