Rééducation de l’épaule en phase intermédiaire : conseils clés du cours pratique
La phase intermédiaire est sans doute le moment le plus délicat de la rééducation de l’épaule.
À ce stade, vous avez déjà aidé le patient à traverser l’irritabilité aiguë, à restaurer une mobilité de base, et à construire une fondation de force. Mais le défi consiste à combler l’écart entre la récupération précoce et le retour à une performance fonctionnelle complète. Comment progresser et challenger le patient sans le surcharger, tout en le maintenant engagé dans sa rééducation ? C’est là tout l’art (et le défi majeur !) de la rééducation de l’épaule en phase intermédiaire.
Dans son cours pratique, la kinésithérapeute experte consultante spécialisée en épaule Anju Jaggi propose des éclairages approfondis sur son approche de la prise en charge des douleurs de l’épaule. Cet article présente quelques enseignements précieux pour la phase intermédiaire de la rééducation.
Si vous souhaitez découvrir exactement comment la kinésithérapeute experte Anju Jaggi prend en charge les douleurs de l’épaule, regardez son cours pratique complet ICI. Avec les cours pratiques, vous pouvez observer exactement comment les meilleurs experts évaluent et traitent des pathologies spécifiques – afin de devenir un clinicien plus performant, plus rapidement. En savoir plus ici.
Prescription d’exercices en phase intermédiaire
La prise en charge en phase intermédiaire consiste à passer d’un contrôle isolé à une force intégrée et fonctionnelle. Pour l’épaule, cela signifie progresser au-delà des exercices isométriques précoces et des simples exercices d’amplitude de mouvement, vers des exercices qui reproduisent les exigences des activités de la vie réelle.
Exercices de la coiffe des rotateurs
À ce stade, la coiffe des rotateurs reste une priorité, mais la manière de la solliciter change. Plutôt que des mouvements purement isolés, il faut envisager d’ajouter des exigences de stabilité dynamique, de varier les angles, et de contrôler à la fois les phases concentriques et excentriques. Les bandes élastiques, les systèmes à poulies et les haltères légers sont tous des outils utiles ici. L’objectif n’est pas seulement la force, mais aussi le développement de la capacité de la coiffe à réagir à des changements soudains de charge ou de position, et à fonctionner à la fois comme moteur et comme stabilisateur de l’épaule.
Exercices fonctionnels
Dans le monde réel, l’épaule travaille rarement de manière isolée. C’est pourquoi Anju met l’accent sur des exercices qui intègrent la coiffe avec les stabilisateurs scapulaires, le tronc et le membre inférieur. On peut citer par exemple des mouvements de tirage et de poussée multi-plans, des schémas diagonaux, et des activités en chaîne cinétique fermée qui imitent des mouvements spécifiques au sport ou au travail.
Intégration de la mise en charge
La phase intermédiaire est également le moment opportun pour commencer à charger l’épaule en position de mise en charge partielle puis complète. On pense aux progressions en quadrupédie, aux positions avec appui au mur, et finalement aux variantes au sol. Celles-ci stimulent les schémas de co-contraction et améliorent le sens de la position articulaire, tout en augmentant la confiance du patient dans son épaule. Regardez Anju démontrer d’excellents exercices de mise en charge dans la vidéo ci-dessous, extraite de son cours pratique :
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Proprioception
Anju souligne l’importance des exercices proprioceptifs, qu’il s’agisse d’entraînement aux perturbations en mise en charge, de stabilisation avec résistance manuelle, ou de travail sur surface instable ; les exercices proprioceptifs aident le système neuromusculaire du patient à s’adapter à des forces imprévisibles, le préparant ainsi aux défis du quotidien.
Dosage
Anju s’appuie sur ses années d’expérience clinique et adopte une approche résolument pratique du dosage dans la prise en charge de l’épaule. Regardez-la l’expliquer dans l’extrait ci-dessous, tiré de son cours pratique :
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Considérations sur la progression
La progression est l’une des choses les plus difficiles à maîtriser durant cette période – trouver le juste équilibre entre challenger le patient et ne pas le surcharger est un véritable savoir-faire. L’une des questions les plus fréquentes que les patients posent à ce stade est : « dois-je insister malgré la douleur ? »
La réponse d’Anju est nuancée. La douleur pendant l’exercice n’est pas forcément une mauvaise chose durant les phases subaiguë et chronique, mais ce n’est pas non plus quelque chose à ignorer aveuglément. Les facteurs à prendre en compte incluent :
- La qualité de la douleur : est-elle vive et localisée, ou sourde et diffuse ?
- La réponse post-exercice : la douleur se calme-t-elle dans les 24 heures, ou persiste-t-elle et/ou s’aggrave-t-elle ?
- Les antécédents du patient : la douleur chronique et la sensibilisation centrale peuvent modifier les seuils de douleur et nécessiter une approche différente.
Découvrez Anju expliquer son approche dans cette vidéo extraite de son cours pratique :
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La progression doit également tenir compte de facteurs tels que la complexité de la charge, et pas seulement son ampleur. Par exemple, passer de mouvements stables et mono-plans à des environnements multidirectionnels ou instables peut être tout aussi exigeant, et tout aussi bénéfique, que d’ajouter des kilogrammes sur la barre.
Enfin, Anju met en avant un élément clé de sa prise en charge des douleurs de l’épaule : la prise en compte des facteurs psychosociaux ; il sera important de tenir compte des croyances du patient concernant sa douleur, de sa confiance dans son épaule, de son sentiment d’efficacité personnelle dans la gestion de sa pathologie, ainsi que d’autres circonstances de vie susceptibles d’affecter son engagement et/ou sa réponse à la progression de la rééducation. Et comme toujours, les décisions de progression doivent être prises avec le patient, en tenant compte de ses objectifs finaux et de sa situation individuelle !
Conclusion
La prise en charge de la phase intermédiaire des douleurs de l’épaule est le moment où la rééducation devient intéressante (et peut devenir difficile !).
Vous ne vous contentez plus de restaurer le mouvement et de réduire la douleur aiguë ; vous accompagnez l’exercice d’équilibriste consistant à préparer le patient aux exigences de la vie quotidienne, tout en réduisant le risque de poussées douloureuses.
En associant un travail ciblé de la coiffe des rotateurs à des exercices fonctionnels réalistes, en intégrant la mise en charge et les défis proprioceptifs, en progressant de manière réfléchie, et en tenant compte des aspects psychosociaux de la prise en charge, vous pouvez mettre vos patients sur la voie d’un succès durable.
Si vous souhaitez bénéficier de conseils de haut niveau sur l’épaule, distillés à partir d’années d’expertise clinique, regardez le cours pratique complet d’Anju Jaggi ICI. C’est une session à ne surtout pas manquer !
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