Les 3 choses à NE PAS faire dans le traitement des tendinopathies liées à la course à pied

6 mins de lecture. Posté dans Course à pied, Uncategorized
Un article de Elsie Hibbert info

Les tendinopathies figurent parmi les blessures les plus fréquemment rencontrées chez les coureurs. La surutilisation est un problème récurrent, et vous verrez souvent des coureurs à un stade avancé de tendinopathie, lorsque celle-ci a déjà commencé à limiter leur kilométrage, plutôt que des patients en stade précoce cherchant une prise en charge proactive. Cela devient particulièrement complexe avec les coureurs d’endurance, car le plus difficile est de trouver le bon équilibre : les maintenir en activité sans compromettre leur récupération. Les compétences en négociation sont essentielles !

Dans son cours pratique sur la prise en charge des lésions liées à la course à pied, le kinésithérapeute Brad Beer partage ses conseils d’expert pour gérer les tendinopathies. J’ai résumé ici quelques points clés sur ce qu’il ne faut PAS faire dans la gestion de ces blessures, accompagnés de phrases courantes que vous pourriez entendre de la part de vos coureurs.

Si vous souhaitez savoir exactement comment le kiné expert Brad Beer prend en charge une variété de blessures chez les coureurs, regardez son cours pratique complet ICI. Avec les cours pratiques, vous pouvez observer de l’intérieur la façon dont des experts de haut niveau évaluent et traitent des pathologies spécifiques — pour vous permettre de devenir un meilleur clinicien, plus rapidement. En savoir plus ici.

 

1 – NE PAS arrêter de courir

« Je ne veux pas arrêter de courir et perdre ma progression »

Bonne nouvelle : la plupart des coureurs souffrant de tendinopathies n’ont pas besoin d’arrêter complètement de courir, car le faire peut réduire la capacité du tendon et les faire reculer lorsqu’ils tentent de reprendre. Il est important d’engager cette conversation tôt, en créant un environnement dans lequel les patients se sentent à l’aise pour parler de leur niveau de douleur sans craindre que tous leurs kilomètres leur soient retirés. Éduquer le patient sur les niveaux de symptômes acceptables est crucial, en utilisant la fenêtre de récupération de 24 heures comme repère. De plus, l’aider à comprendre que la douleur n’est pas synonyme de lésion est essentiel, en particulier pour les coureurs sous pression. Souligner que rester dans des niveaux de douleur acceptables favorisera une récupération plus rapide peut inciter l’observance, car un retour plus rapide à leur charge habituelle de course devient une motivation convaincante. Brad Beer explique comment il éduque ses patients coureurs dans cet extrait de son cours pratique :

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2 – NE PAS sous-charger

« Mais je fais mes 30 élévations de mollet chaque jour, pourquoi mon tendon d’Achille me fait-il encore mal ? »

Les tendons aiment la résistance lente et lourde. Et contrairement aux croyances longtemps répandues, Brad souligne que les tendons n’ont pas de préférence particulière quant au type de contraction (isométrique, excentrique, concentrique), mais ce dont ils ont besoin, c’est d’une charge lourde et lente ! Ainsi, pour un coureur d’endurance, aller en salle de sport est souvent indispensable à la récupération tendineuse. Dans le cas d’une tendinopathie achilléenne, effectuer 30 élévations de mollet au poids du corps chaque jour peut aider un peu de manière empirique, mais ce n’est certainement pas la façon la plus efficace de renforcer suffisamment la musculature du mollet pour supporter la charge de course ; surtout si votre patient les effectue très rapidement pour s’en débarrasser, cela pourrait en réalité contribuer à la surcharge du tendon d’Achille plutôt que de la réduire ! Faire travailler votre patient en salle avec des montées sur pointes avec le genou tendu et avec le genou fléchi, avec une charge lourde, et idéalement en utilisant un métronome, est la meilleure façon d’augmenter la tolérance tissulaire qui lui permettra en définitive d’augmenter son kilométrage.

Dans l’extrait ci-dessous tiré de son cours pratique, Brad démontre une élévation de mollet en position assise genou fléchi — un exercice qu’il utilise pour toutes les blessures liées à la course à pied, pas seulement la tendinopathie achilléenne :

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3 – NE PAS diaboliser la foulée

« Un kiné m’a dit que toutes mes blessures sont dues au fait que j’attaque par le talon »

Brad réfute cette théorie, soulignant que, comme beaucoup de choses que les kinés ont considérées comme « mauvaises » (comme la bascule antérieure du bassin ou la flexion lombaire lors du soulèvement de charges), l’attaque talon n’est pas intrinsèquement mauvaise. Bien que la position d’appui au sol puisse contribuer à une probabilité plus élevée de blessures antérieures ou postérieures, il n’est pas nécessaire de modifier radicalement la foulée d’un coureur sur cette base. Il insiste sur l’importance de garder l’analyse de la foulée simple et de ne pas submerger le coureur avec une liste de ce qu’il fait mal. L’objectif n’est pas de trouver ce qui est « mauvais », mais d’identifier les zones pouvant être surchargées. Les trois éléments sur lesquels vous devez vous concentrer sont :

  • La chute du bassin (hip dip),
  • La foulée en croisement (crossover gait),
  • La foulée trop longue (overstriding).

Là encore, la présence d’un ou plusieurs de ces facteurs ne signifie pas nécessairement qu’un changement est nécessaire ; ils doivent toujours être considérés dans le contexte du patient. Par exemple, chez un coureur présentant une tendinopathie glutéale chronique, un rétrécissement de la fenêtre du genou (c’est-à-dire une foulée en croisement) peut indiquer une foulée trop longue (overstriding), qui peut également contribuer à une chute du bassin. Dans ce cas, il pourrait être bénéfique d’inciter le coureur à augmenter sa cadence et/ou à élargir son polygone de sustentation pour réduire la charge sur les tendons glutéaux pendant la récupération. Il s’agit toutefois principalement d’une stratégie à court terme pour faciliter la récupération. Regardez Brad expliquer le rétrécissement de la fenêtre du genou dans la vidéo ci-dessous, extraite de son cours pratique :

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Conclusion

Il est probable qu’un coureur vienne vous consulter avec un problème de tendinopathie chronique et exprime des pensées similaires à l’une des citations ci-dessus. Dans ces cas, il est important de corriger toute croyance ou stratégie inadaptée qu’il a développée avant de pouvoir appliquer efficacement votre traitement. L’éducation est essentielle, et se tenir informé des dernières données probantes et des conseils d’experts est la meilleure façon de s’assurer que vos connaissances restent actuelles et efficaces.

Pour une analyse approfondie de la façon dont le kiné expert Brad Beer prend en charge une variété de blessures liées à la course à pied, regardez son cours pratique complet ICI.

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