Blessures liées à la course à pied : comprendre les principaux facteurs de risque

7 mins de lecture. Posté dans Course à pied
Un article de Elsie Hibbert info

Nous avons tous des patients coureurs qui viennent nous voir pour trouver une solution rapide à leur blessure qui les gêne depuis des mois – et idéalement sans avoir à faire moins de kilomètres ! La première discussion à avoir avec eux consiste généralement à essayer de déterminer ce qui a changé dans leur charge d’entraînement et quels facteurs ont contribué à l’apparition de la douleur et de la blessure. Nous savons que le traitement doit être individualisé, il est donc essentiel de déterminer la ou les causes de la blessure et de fournir un plan de traitement et une éducation thérapeutique rigoureuse. La récente revue de littérature du Dr Travis Pollen démontre que les perceptions à l’égard des facteurs de risque et des facteurs protecteurs pour les blessures liées à la course à pied peuvent différer entre différents groupes d’âge. Cela pourrait donc nous amener à potentiellement adapter notre évaluation subjective et notre éducation thérapeutique en conséquence. Ce blog présentera quelques-unes des conclusions de la revue de Travis, ainsi que certaines données actuelles sur les facteurs de risque des blessures liées à la course à pied.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les perceptions des blessures chez les coureurs, consultez l’intégralité de l’étude du Dr Travis Pollen ICI.

 

Perceptions liées à l’âge

L’étude récente (1) mentionnée dans la revue de Travis a observé les différences de perception des facteurs de risque et des facteurs protecteurs liés la course à pied chez les adolescents et les adultes. L’étude a constaté des différences moyennes à importantes dans les perceptions de chaque groupe pour plus de la moitié des facteurs présentés. Les différences principales étaient les suivantes :

  • Les adolescents étaient plus nombreux que les adultes à considérer le renforcement à faible répétition et charge lourde comme un facteur de risque de blessure,
  • Les adolescents étaient plus nombreux que les adultes à considérer l’étirement statique du membre inférieur comme un facteur protecteur de blessure,
  • Les adultes étaient plus nombreux que les adolescents à considérer les longues foulées comme un facteur de risque pour les blessures,
  • Les adultes étaient plus nombreux que les adolescents à considérer une faible cadence comme un facteur de risque pour les blessures.

Comprendre quels facteurs ont conduit au développement de la douleur et de la blessure est essentiel pour la planification du traitement. En tant que praticiens, nous devrions garder à l’esprit ces différences liées à l’âge afin de fournir une évaluation subjective spécifique au patient. En outre, cela influencera notre manière d’éduquer nos patients au sujet de leur reprise de la course à pied et de la poursuite de cette activité tout au long de leur vie. Par exemple, lorsqu’il s’agit d’intégrer du renforcement dans le plan de traitement d’un patient, l’éducation donnée à un adolescent impliquera davantage d’informations au sujet des avantages du renforcement pour la course à pied, des techniques appropriées et aura pour but de calmer leurs inquiétudes vis-à-vis du risque de blessure. Les discussions avec les adultes pourraient quant à elles être focalisées sur la manière d’intégrer le renforcement à leur rythme de vie chargé. Lisez la revue complète de Travis pour mieux comprendre les différences de perception liées à l’âge qui peuvent vous aider à prendre en charge vos patients.

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Facteurs de risque liés à la course à pied

Les facteurs de risque sont différents selon les populations, et nous avons encore besoin de recherche à ce sujet. Vous trouverez ci-dessous un résumé des données probantes actuelles dont vous avez besoin.

Une revue systématique menée précédemment a mis en évidence des preuves solides à modérées indiquant que des antécédents de blessures ainsi que l’utilisation de semelles orthopédiques étaient des facteurs associés à un risque plus élevé de blessures liées à la course à pied (2). L’étude a révélé que les facteurs de risque plus élevés chez les femmes que chez les hommes étaient l’âge, les activités sportives antérieures, la course sur du béton, la participation à un marathon, la distance de course hebdomadaire (48-63 km) et le fait d’avoir porté ses chaussures de course pendant quatre à six mois. Les facteurs de risque les plus répandus chez les hommes sont les suivants : avoir des antécédents de blessures, avoir pratiqué la course à pied pendant moins de deux ans, avoir repris la course à pied, la distance hebdomadaire de course à pied (32-46 km), ou courir plus de 64 km par semaine. Toutefois, il est important de noter que très peu d’études extrapolent les facteurs de risque entre les sexes, ce qui limite l’information.

Une étude plus récente a montré que la prévalence globale des blessures liées à la course à pied semble plus élevée chez les femmes que chez les hommes (3). Les facteurs de risque associés sont les suivants : avoir moins de cinq ans de pratique de la course à pied, s’être déjà blessé au cours de l’année écoulée et courir plus de trois fois par semaine (3).

En ce qui concerne la biomécanique, le jury n’a pas encore tranché. La recherche est limitée par une série de facteurs, notamment la petite taille des échantillons et la faible qualité des outils de mesure biomécanique (4,5). À titre d’exemple, une revue systématique récente a conclu qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves de haute qualité pour suggérer une relation entre la technique d’attaque du pied et les blessures (4).

En termes de consensus, le seul facteur de risque incontesté et fondé sur des preuves pour les blessures liées à la course à pied chez les adolescents est une blessure antérieure (6). Si l’on considère le consensus pour tous les âges, il est intéressant de noter que les chaussures ne sont pas considérées comme étant un facteur de risque (7), alors qu’une faible cadence est considérée comme un facteur de risque (8).

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Conclusion

Il peut être difficile de remettre les coureurs à la course, ou (idéalement) de les faire continuer à courir. Ils sont très souvent déterminés à courir coûte que coûte, et ne viendront vous voir qu’au moment où ils ne sont physiquement plus capables de courir. L’évaluation subjective initiale est souvent un interrogatoire visant à déterminer ce qui a changé, ce à quoi le coureur répondra initialement « rien », ce qui vous oblige à creuser la question pour savoir exactement ce qui s’est passé dans son programme d’entraînement et dans sa vie en général. Il s’agit de la première étape, et la plus essentielle, dans la prise en charge d’un coureur. Ainsi, il est utile de comprendre les études sur les facteurs de risque de blessures, ainsi que les différences de perception entre les différentes populations, afin d’éclairer votre pratique.

Si vous êtes un praticien chargé et que vous vous sentez dépassé par les nouvelles études, vous n’êtes pas seul ! Physio Network est là pour vous aider avec les revues de littérature – consultez les résumés des dernières études ICI.

 

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Références

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