Douleur fémoro-patellaire : l’importance du bilan subjectif

6 mins de lecture. Posté dans Genou
Un article de Elsie Hibbert

Près d’1 personne sur 4 souffrira de douleur fémoro-patellaire (DFP) au cours de sa vie, ce qui en fait l’un des motifs de consultation pour le genou les plus fréquents en kinésithérapie.

Cette pathologie est réputée multifactorielle : les patients présentent un large éventail de symptômes, de niveaux d’irritabilité et de limitations fonctionnelles, ce qui peut compliquer le bilan et la prise en charge.

Le bilan subjectif est la clé pour poser un diagnostic précis de DFP et comprendre son retentissement sur la vie du patient. Dans cet article, nous partageons quelques enseignements importants tirés du cours pratique de la Dre Natalie Collins sur le bilan de la DFP, et nous expliquons pourquoi le récit de votre patient a autant de valeur que n’importe quel test que vous réalisez.

Si vous souhaitez savoir précisément comment la Dre Natalie Collins, kinésithérapeute experte, réalise le bilan de la DFP, regardez son cours pratique complet ICI. Avec les cours pratiques, vous êtes aux premières loges pour voir exactement comment les meilleurs experts évaluent et traitent des pathologies spécifiques – afin de devenir un meilleur clinicien, en un rien de temps. En savoir plus ici.

 

Pourquoi le bilan subjectif est essentiel

Il est tentant de passer directement aux tests objectifs, mais dans la DFP, l’anamnèse subjective pose les bases de tout ce qui suit.

Elle vous apporte des informations importantes sur le mode d’apparition des symptômes, leur évolution, l’irritabilité, la sévérité, les facteurs contributifs et les objectifs personnels du patient. Bien menée, elle peut souvent vous donner la moitié du diagnostic avant même d’avoir touché le genou du patient. C’est essentiel car, comme le souligne Natalie, il existe très peu de tests cliniques fiables pour diagnostiquer la DFP !

 

Diagnostic différentiel

Une douleur antérieure du genou n’est pas toujours une DFP. Le genou est une articulation où beaucoup de structures sont en jeu – un bilan subjectif approfondi vous aide à confirmer ou à écarter d’autres hypothèses, comme une atteinte méniscale, une tendinopathie, une douleur du coussinet adipeux infrapatellaire, ou encore une douleur projetée d’origine coxo-fémorale ou lombaire.

La localisation, le comportement de la douleur et les activités aggravantes sont vos repères. Par exemple, un patient décrivant une douleur plus localisée uniquement lors des sauts/réceptions présente plus probablement une tendinopathie, tandis qu’une douleur diffuse et une douleur en flexion en charge, comme dans les escaliers, en squat, voire en position assise, orientent davantage vers une DFP. Écoutez Natalie l’expliquer dans cet extrait de son cours pratique :

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Fait notable, les personnes atteintes de DFP ont souvent du mal à localiser précisément leur douleur. Les descriptions sont généralement vagues, la gêne étant rapportée comme une zone circulaire autour ou au-dessus de la patella, ou comme un demi-cercle sous la patella.

Enfin, si vous avez identifié l’articulation fémoro-patellaire comme source de la douleur, savoir s’il s’agit plutôt d’une DFP ou d’une arthrose fémoro-patellaire peut (pour certains patients !) être une information utile. Écoutez Natalie l’expliquer dans la vidéo ci-dessous, tirée de son cours pratique :

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Explorer les facteurs contributifs

Le bilan subjectif est l’occasion d’explorer la DFP de votre patient dans sa globalité. Intéressez-vous notamment à :

  1. Charge d’entraînement : le patient a-t-il récemment modifié son activité (par exemple, chez le coureur, a-t-il augmenté son kilométrage, l’intensité ou la course en côte ?)
  2. Chaussures et équipement : un changement brutal de chaussures ou de surface peut jouer un rôle.
  3. Facteurs psychosociaux : le stress, l’impact psychologique de l’inactivité ou les attentes concernant le pronostic peuvent tous influencer les symptômes.
  4. Crépitements : sont-ils présents ? Inquiètent-ils le patient ? Faut-il donc les prendre en compte dans la prise en charge ?
  5. Kinésiophobie : les comportements de peur-évitement sont fréquents chez les personnes atteintes de DFP et peuvent aggraver les symptômes et/ou contribuer à la persistance de la douleur. Il est important de comprendre comment le patient perçoit sa douleur et ses autres symptômes (par exemple, les crépitements), et comment ces perceptions influencent sa façon de bouger.

Identifier ces facteurs vous permet d’individualiser la prise en charge, en évitant l’approche standardisée, souvent inefficace, de la DFP.

 

Un mot sur le bilan objectif

Bien sûr, l’histoire n’est pas complète sans mesures objectives.

Des tests différentiels doivent être réalisés pour écarter d’autres sources de douleur, comme le ménisque, le coussinet adipeux ou la bandelette ilio-tibiale. Les amplitudes articulaires, les tests de force, les tâches fonctionnelles et la palpation permettent de confirmer votre hypothèse de travail et d’identifier les principaux facteurs contributifs. Mais ces tests ne prennent tout leur sens que lorsqu’ils sont interprétés à la lumière d’un bilan subjectif solide. Voici une démonstration de Natalie réalisant la palpation pour le diagnostic de la DFP dans son cours pratique :

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Vous voulez une vue d’ensemble ? Dans son cours pratique complet, Natalie nous présente l’intégralité de son bilan objectif et montre comment différencier la DFP des autres causes de douleur du genou.

 

Conclusion

Dans la DFP, le bilan subjectif est bien plus qu’une simple liste de cases à cocher : c’est la base d’un diagnostic précis et d’une prise en charge efficace.

À la fin de l’anamnèse, vous devriez déjà avoir une orientation claire pour votre bilan objectif, voire pour la prise en charge. En résumé, un bilan subjectif approfondi est la première étape d’une prise en charge adaptée des patients atteints de DFP : il est donc important de savoir le mener correctement !

Cet article ne fait qu’effleurer le contenu du cours pratique complet de la Dre Natalie Collins. Découvrez le cours pratique complet « Évaluation de la douleur fémoro-patellaire » ICI.

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