5 mins de lecture. Posté dans Lombaire

Phénomène de catastrophisation lié aux résultats d’IRM

Un article de Physio Network

Une étude récente visait à explorer l’impact du langage utilisé dans les résultats d’IRM sur les niveaux de douleur chez les personnes souffrant de lombalgie chronique.

Ce que vous vous apprêtez à lire est un court extrait de l’une des analyses de notre revue Physio Network. Des spécialistes y décortiquent et analysent pour vous la recherche la plus récente et la plus pertinente dans le but d’améliorer la pratique de la kinésithérapie.

Ce que vous allez lire ci-dessous est un extrait de notre analyse.

Vous aimez ce genre d’analyse ? – Pour en savoir plus, c’est par ICI

 

Revenons à l’étude !

TITRE DE L’ÉTUDE: The catastrophization effects of an MRI report on the patient and surgeon and the benefits of ‘clinical reporting’: results from an RCT and blinded trials – Rajasekaran et al (2021)

Une étude analysée par Ben Cormack dans le numéro de juillet 2021 de notre revue Physio Network.


Points clés de l’étude

  • Les IRM peuvent conduire à une plus grande utilisation des soins de santé, mais sans amélioration des résultats.
  • La modification de la formulation des résultats d’IRM afin d’inclure un élément qui rassure a eu un effet positif important en comparaison avec une déclaration factuelle des résultats.


Contexte et objectifs

La chirurgie de la colonne lombaire est plus fréquemment utilisée pour traiter la lombalgie (LBP), et l’utilisation de la chirurgie a reflété une augmentation de l’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique (IRM).

L’IRM a été associée à un effet nocebo potentiellement dû à une terminologie alarmante. Les résultats d’IRM rédigés sans connaissance clinique du patient peuvent potentiellement contribuer à des interventions invasives pour normaliser d’éventuelles anomalies de la colonne vertébrale.

Par conséquent, le but de cet article était d’évaluer l’effet de ces résultats sur la perception de l’état de la colonne vertébrale, ainsi que sur la douleur et les résultats fonctionnels.


Méthode

44 patients atteints de lombalgie chronique mécanique non spécifique ont été randomisés en un groupe A (n = 21) qui a reçu une explication factuelle complète des pathologies retrouvées à l’IRM et en un groupe B (n = 23) qui a été rassuré en leur disant que leur IRM était tout à fait normale avec seulement des résultats fortuits et liés à l’âge. Aucun patient n’avait de pathologies significatives à l’IRM.

Les critères d’évaluation utilisés étaient la sévérité de la douleur à l’EVA, le pain self-efficacy questionnaire (PSEQ) et le SF-12 pour mesurer le niveau de fonction. Les groupes ont ensuite été comparés à 6 semaines après un traitement conservateur similaire.
 

Résultats

Pour l’EVA et le PSEQ, la taille de l’effet entre le groupe A (rapport factuel) et le groupe B (réconfort) était importante en faveur du groupe réconfort après le programme de soins conservateurs de 6 semaines. À 6 semaines, la taille de l’effet inter-groupes pour l’EVA était de 2,8499 et de 2,998 pour la PSEQ.


Limites

Cette étude a utilisé une conception d’étude monocentrique et pourrait donc aller plus loin avec le recours à un essai multicentrique plus large pour reproduire les résultats dans une population plus large et réduire le biais des observateurs.


Implications cliniques

Les implications cliniques de cet article sont claires – la manière dont les rapports d’IRM sont décrits aux patients semble avoir un effet important sur les résultats à 6 semaines après un programme de soins conservateurs. La mesure du critère d’évaluation principal PSEQ était le double de la différence minimale cliniquement pertinente à 6 semaines.

Pour les clinicien·ne·s, aider les patients à comprendre la signification et les implications des résultats d’IRM peut être un aspect clé d’une bonne prise en charge. Cela peut impliquer des explications de la terminologie, s’attarder sur les préoccupations des patients et également mettre en évidence la fréquence de résultats similaires dans les populations asymptomatiques. Ces résultats doivent également être corrélés avec l’évaluation clinique et non interprétés isolément, conformément à la compréhension multifactorielle moderne des pathologies douloureuses de la colonne vertébrale.

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Voici à quoi ressemble cette analyse dans notre numéro de juillet.


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Laissez-nous faire le gros du travail !

Chaque mois, nous résumons 12 des études les plus récentes et cliniquement pertinentes en kinésithérapie, afin qu’elles soient pertinentes pour votre pratique.

Voici les 11 autres thèmes de notre numéro de juillet, tout juste publié :

  • Renforcement interne vs externe de cuisse dans la douleur fémoro-patellaire
  • Analyse EMG dans la déchirure de la coiffe
  • Tendinopathie patellaire : charge élevée vs modérée
  • Programme GLA:D dans l’arthrose du genou
  • «Il faut renforcer votre épaule » : un conseil à reformuler
  • Tests cliniques dans les atteintes de la syndesmose tibio-fibulaire
  • Exercices pour prévenir la récurrence de la lombalgie
  • Force, LSI et hop test pour évaluer la fonction du LCA
  • Atteinte des fléchisseurs plantaires dans la tendinopathie d’Achille
  • Recommandations sur l’activité après PTH et PTG
  • Évaluation du port d’une ceinture sacro-iliaque chez la femme enceinte

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