Chirurgie précoce ou exercice et éducation dans les déchirures méniscales chez les jeunes adultes

7 mins de lecture. Posté dans Genou
Un article de Physio Network info

Dans cet article, les auteurs ont cherché à déterminer l’intérêt d’une prise en charge chirurgicale dans les déchirures méniscales par rapport à un traitement conservateur.

Ce que vous vous apprêtez à lire est un court extrait de l’une des analyses de notre revue Physio Network. Des spécialistes y décortiquent et analysent pour vous la recherche la plus récente et la plus pertinente dans le but d’améliorer la pratique de la kinésithérapie.

Ce que vous allez lire ci-dessous est un extrait de notre analyse.

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Revenons à l’étude !

TITRE DE L’ÉTUDE : Early Surgery or Exercise and Education for Meniscal Tears in Young Adults. Skou ST et al (2022)

Étude analysée par le Dr Teddy Willsey dans le numéro de mai 2022 de notre revue Physio Network

 

POINTS CLÉS

  • À ce jour, la plupart des recherches sur la prise en charge conservatrice des déchirures du ménisque se sont concentrées sur les personnes âgées et les pathologies dégénératives.
  • Plus de 2 millions d’interventions arthroscopiques du genou sont réalisées chaque année. Il est probable que bon nombre de ces interventions soient injustifiées.
  • La thérapie par l’exercice devrait être la première ligne de traitement de la pathologie méniscale à tous âges lorsque le mouvement est bien préservé et que le patient est capable de faire de l’exercice.

 

 

Contexte et objectifs

Des études récentes indiquent que la méniscectomie partielle sous arthroscopie n’offre aucun avantage par rapport à la chirurgie fictive [sham], mais l’arthroscopie méniscale continue d’être une intervention chirurgicale courante.

Malgré l’efficacité de la prise en charge conservatrice dans les populations âgées, la réparation chirurgicale reste la méthode de traitement préférée des lésions méniscales chez les jeunes adultes.

Le but de cette étude était de comparer la thérapie par l’exercice supervisé et l’éducation avec une option de chirurgie ultérieure, par rapport à la réparation arthroscopique précoce des lésions méniscales chez les jeunes adultes.

 

 

Méthode

121 adultes (28 % de femmes) âgés de 18 à 40 ans (âge moyen = 30 ans) présentant des déchirures méniscales symptomatiques confirmées par IRM ont été recrutés pour cet essai contrôlé randomisé pragmatique. Les critères d’exclusion comprenaient une intervention chirurgicale ou une thérapie antérieure sur le genou affecté, une blessure concomitante au genou et une suspicion clinique d’une déchirure déplacée en anse de seau (entrainant blocage du genou en aigu, perte d’extension).

Les participants affectés à la chirurgie ont subi une résection ou une réparation partielle, selon l’indication du chirurgien. Les participants du groupe non opératoire ont effectué deux séances de thérapie supervisées par semaine pendant 12 semaines, consistant en une rééducation neuromusculaire en groupe, un renforcement et une éducation du patient. Les participants ont été autorisés à passer d’un groupe à l’autre. Le critère d’évaluation principal était la différence entre les groupes dans le score KOOS à 12 mois en comparaison avec les données initiales.

 

 

Résultats

  • Les deux groupes ont connu des améliorations cliniquement pertinentes, mais la chirurgie précoce ne s’est pas avérée supérieure à l’exercice et l’éducation avec la possibilité d’une intervention chirurgicale ultérieure.
  • Les participants du groupe chirurgie ont connu une plus grande amélioration de leurs scores KOOS, mais non statistiquement significative.
  • 76 % des patients chirurgicaux ont amélioré leur score KOOS de 20 % ou plus, contre 64 % dans le groupe exercices.
  • 57 % des patients chirurgicaux ont amélioré leur score KOOS de 50 % ou plus, contre 38 % dans le groupe exercices.
  • Sur une période d’un an, 26 % des participants sont passés de l’exercice à la chirurgie, et 13 % des patients du groupe chirurgical ont décidé de ne pas subir de chirurgie.
  • En résumé, 74 % des patients ayant reçu un diagnostic de déchirure du ménisque ont obtenu un résultat souhaitable avec des soins conservateurs seuls.

 

 

Limites

  • Avec 43 % des participants présentant des symptômes d’une durée supérieure à 6 mois et une exclusion des lésions méniscales entrainant un verrouillage du genou en aigüe, la conception de l’étude a probablement capturé à la fois les pathologies chroniques et aigües. De plus, l’exclusion délibérée des lésions méniscales graves réduit son applicabilité à la prise de décision clinique pour les lésions méniscales aigües présentant des limitations de l’amplitude des mouvements.
  • Cette étude aurait pu améliorer sa validité externe en se concentrant sur un sous-groupe spécifique de lésions méniscales. Il n’y a eu aucune discussion sur le mécanisme lésionnel ou la présentation de symptômes spécifiques.
  • De nombreux participants à cette étude ont peut-être eu une récupération supérieure à la moyenne en raison de la bonne gestion initiale des symptômes.

 

  

Implications cliniques

La stratégie de chirurgie précoce pour la pathologie méniscale chez le jeune adulte ne semble pas supérieure à l’exercice et à l’éducation, avec possibilité de chirurgie ultérieure. La thérapie par l’exercice devrait être envisagée en première intention dans les cas de pathologie du ménisque où l’amplitude des mouvements est bien préservée et où l’individu est en mesure de participer à la rééducation. Les patients qui ont subi une intervention chirurgicale avaient de meilleures chances d’amélioration accrue, mais un biais de sélection était présent en raison du crossover de 26 % des patients (passage dans l’autre groupe). Aucune des différences dans les résultats primaires ou secondaires entre les deux groupes n’a atteint un niveau de significativité statistique.

Malgré une rigueur statistique légèrement réduite, cette conception d’étude pragmatique offre une généralisabilité plus pratique. L’absence de technique chirurgicale standardisée et la possibilité de crossover des participants sont représentatives de la façon dont les décisions de traitement se déroulent dans la vie réelle.

 

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Voici les 11 autres études que nous avons analysées dans notre numéro de mai qui vient de paraître :

  • Tests dans la hernie discale et la compression de racine
  • Syndrome de conflit sous-acromial : charges élevées vs faibles
  • De la peur au sentiment de sécurité : lien avec la douleur
  • Techniques de port de charges
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  • Lésions musculaires du mollet : évaluation, prise en charge et prévention
  • Exercices cervicaux profonds dans la cervicalgie
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