Les bases de l’évaluation des vertiges cervicogéniques

11 mins de lecture. Posté dans Tête
Un article de Dr Jahan Shiekhy info

Un vertige cervicogénique est une pathologie dans laquelle un trouble lié à la colonne cervicale entraîne des symptômes tels que des douleurs cervicales, des sensations de vertige, des nausées, ou même une vision floue. Dans ce blog, nous aborderons l’évaluation des vertiges cervicogéniques proprioceptifs, où une anomalie de l’entrée afférente cervicale entraîne ces symptômes. Notez que d’autres pathologies comme l’insuffisance vertébrobasilaire ou le dysfonctionnement du système vestibulaire peuvent provoquer des symptômes similaires, donc une partie de votre évaluation devrait inclure le dépistage de ces pathologies.

Si vous souhaitez découvrir comment un expert reconnu mondialement évalue les vertiges cervicogéniques, n’hésitez pas à consulter le cours pratique de Julia Treleaven, sur lequel je me suis appuyé pour rédiger ce blog. Grâce aux cours pratiques, vous pouvez découvrir exactement comment les meilleurs experts évaluent et traitent des pathologies spécifiques, afin de devenir un meilleur praticien, plus rapidement. Pour en savoir plus, cliquez ICI.

 

L’examen subjectif

Un interrogatoire consciencieux du patient est la première étape pour déterminer la cause des symptômes. Les principales questions à poser concernent la description des symptômes, les variations dans le temps et les facteurs déclenchants.

Description des symptômes

En règle générale, un dysfonctionnement proprioceptif se traduit par une instabilité et des étourdissements, et non par des sensations telles que « la pièce tourne », qui sont probablement le signe d’un dysfonctionnement vestibulaire. D’autres symptômes liés à la proprioception peuvent être des nausées, une sensibilité à la lumière et une vision floue. En revanche, les symptômes tels que les vomissements, la sensibilité au bruit et la vision double ont probablement d’autres causes.

Évolution dans le temps

En général, les dysfonctionnements proprioceptifs entraînent des symptômes qui durent quelques minutes et qui vont et viennent. Ils ne sont pas constants ou très brefs (de l’ordre de quelques secondes).

Facteurs déclenchants

En général, les déclencheurs des sensations de vertiges sont en corrélation avec les douleurs cervicales concomitantes ressenties par les patients (par exemple, une certaine posture provoque à la fois des vertiges et des douleurs cervicales). Inversement, les symptômes déclenchés par les éternuements, la toux ou le fait de se retourner sont probablement liés à des causes non proprioceptives.

Sur la base des données subjectives, nous pouvons mieux cibler notre évaluation et déterminer s’il est nécessaire de faire appel à un autre professionnel de la santé pour un examen plus approfondi.

Pour voir la démonstration complète d’une évaluation subjective par un expert, regardez le cours pratique de Julia ici.

 

L’examen objectif

Durant la partie objective, nous examinons l’épaule, l’équilibre, la coordination, l’amplitude des mouvements, la mobilité des articulations et le contrôle moteur de la colonne cervicale.

Fonction de l’épaule

En ce qui concerne l’épaule, nous recherchons des asymétries et des mouvements anormaux de la scapula. Des asymétries posturales, telles qu’une bascule antérieure accrue, peuvent être observées du même côté que les symptômes. Puis, pour les mouvements tels que la flexion de l’épaule, nous examinons la qualité du mouvement de la scapula et nous recherchons la reproduction des symptômes. Enfin, nous chargeons l’épaule en évaluant à la fois le contrôle moteur et la reproduction des symptômes.

Vous pouvez voir comment Julia évalue le contrôle moteur de la scapula dans un cas de cervicalgie unilatérale dans cette vidéo de son cours pratique.

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Équilibre

L’évaluation de l’équilibre nous aide à suivre les progrès et à différencier les dysfonctionnements vestibulaires des dysfonctionnements proprioceptifs. Tout d’abord, le patient doit prendre appui sur une base étroite, les yeux fermés. En cas de dysfonctionnement proprioceptif, les patients peuvent présenter un balancement antéro-postérieur accru, tandis qu’en cas de dysfonctionnement vestibulaire, ils présenteront plutôt un balancement latéral accru. Ensuite, nous demandons au patient de maintenir une position en tandem avec les yeux fermés.

Pour l’équilibre dynamique, nous examinons d’abord la marche avec des rotations de la tête et des hochements de tête, en vérifiant la reproduction des symptômes et la capacité à marcher en ligne droite. Pour solliciter le système vestibulaire, le patient répète la marche, mais en effectuant ces mouvements de tête rapidement.

 

Coordination de la tête, des yeux et du cou

Lors de l’évaluation de la coordination de la tête, du cou et des yeux, nous recherchons la reproduction des symptômes, l’amplitude des mouvements et la capacité à effectuer chaque tâche.

Coordination du tronc et de la tête

Le test de coordination du tronc et de la tête examine la capacité du patient à bouger la tête et le tronc indépendamment l’un de l’autre. Le patient garde son regard et sa tête tournés vers l’avant pendant qu’il tourne lentement son tronc d’un côté à l’autre. Ce test modifie l’afférence cervicale sans perturber le système vestibulaire.

Dans cette vidéo tirée du cours pratique de Julia, elle montre comment effectuer ce test :

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Coordination œil-tête

Le test de coordination œil-tête permet d’évaluer la capacité du patient à bouger les yeux et la tête indépendamment l’un de l’autre. En tenant un marqueur sur le côté, le patient regarde latéralement avec ses yeux uniquement (pas de mouvement de la tête), puis, tout en gardant son regard fixé sur le marqueur, il tourne la tête vers le marqueur. Cette opération est répétée du côté controlatéral puis pour la flexion et l’extension.

Stabilité du regard

Le test de stabilité du regard évalue la capacité à maintenir les yeux sur un objet fixe lorsque la tête bouge indépendamment. Tout d’abord, nous tenons un marqueur devant le patient. Puis, tout en gardant les yeux fixés sur le marqueur, le patient tourne la tête vers la droite et vers la gauche. Le patient doit être capable d’effectuer une rotation de 45 degrés dans chaque direction.

Dans cette vidéo tirée du cours pratique de Julia, vous pouvez la voir démontrer ce test.

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Poursuite oculaire en torsion cervicale

Nous effectuons le test de poursuite oculaire en torsion cervicale en deux étapes pour nous aider à différencier les causes cervicales des causes vestibulaires des symptômes. Tout d’abord, en gardant la tête neutre, nous déplaçons un marqueur vers la droite et la gauche à 20 degrés dans chaque direction, tandis que le patient suit le marqueur avec ses yeux uniquement (sans tourner la tête). Ensuite, nous effectuons le même test, mais en tournant le tronc du patient à un angle de 45 degrés. Le fait de tourner le tronc à un angle donné entraîne une rotation de la colonne cervicale, ce qui modifie l’entrée afférente.

Ce test en deux étapes est présenté dans la vidéo ci-dessous tirée du cours pratique de Julia.

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Torsion soutenue

Le test de torsion soutenue est un autre test en deux parties qui nous aide à différencier les dysfonctionnements cervicaux des dysfonctionnements vestibulaires. Tout d’abord, le thérapeute maintient la tête du patient immobile et, les yeux fermés, le patient tourne son tronc d’un côté. Il maintient cette position pendant 30 secondes. L’étape suivante consiste à tourner le tronc et la tête ensemble, les yeux fermés, et à maintenir cette position pendant 30 secondes.

Différenciation tête-cou

Le test de différenciation tête-cou permet de mieux différencier les dysfonctionnements cervicaux des dysfonctionnements vestibulaires. Dans ce test, le thérapeute maintient la tête du patient immobile et, les yeux fermés, le patient fait pivoter son tronc d’un côté à l’autre. Puis, les yeux fermés, le thérapeute fait pivoter la tête et le tronc d’un côté à l’autre.

Dans cette vidéo tirée de son cours pratique, Julia montre comment coupler le test de torsion soutenue avec le test de différenciation tête-cou :

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Erreur de perception de la position articulaire

Nous examinons ensuite la proprioception cervicale à l’aide du test de détection des erreurs de position de l’articulation cervicale. Dans cet examen, le patient porte un pointeur laser sur la tête et centre le laser sur une cible. Ensuite, les yeux fermés, il tourne la tête d’un côté et tente de revenir à la position de départ. Le test est répété pour la flexion et l’extension.

Sens du mouvement cervical

Enfin, nous examinons le sens du mouvement cervical, où le patient utilise un pointeur laser attaché à sa tête pour suivre une forme en « X » dessinée sur le mur. L’idéal est d’avoir moins de 10 écarts par rapport à la ligne et d’effectuer le test en moins de 25 secondes.

 

Amplitude des mouvements

Lorsque nous examinons l’amplitude des mouvements cervicaux, nous nous intéressons à la fois à la quantité et à la qualité. Par exemple, les patients présentant une faiblesse des fléchisseurs cervicaux profonds peuvent surutiliser les muscles sterno-cléido-mastoïdiens pour passer de l’extension à la flexion. Nous voulons également vérifier comment la position de la scapula affecte les mouvements du cou. Par exemple, nous pouvons vérifier si mettre manuellement la scapula en sonnette latérale améliore l’amplitude des mouvements du cou.

 

Mobilité articulaire

On évalue ensuite la mobilité des articulations de la colonne cervicale, de la colonne thoracique et des côtes. Nous nous intéressons ici à la raideur articulaire, aux spasmes musculaires et à la reproduction des symptômes.

 

Contrôle moteur

La dernière partie de notre évaluation porte sur le contrôle moteur des fléchisseurs et des extenseurs cervicaux.

Contrôle moteur des fléchisseurs

Tout d’abord, nous demandons au patient d’effectuer une flexion crânio-cervicale en décubitus dorsal. Nous vérifions ensuite la mécanosensibilité neuronale en lui demandant d’effectuer une flexion avec l’épaule en abduction, puis avec la hanche en flexion.

L’étape suivante consiste à utiliser le biofeedback en plaçant un brassard de pression artérielle pompé à 20 mmHg sous le cou du patient. Le patient effectue ensuite une flexion crânio-cervicale, en essayant d’atteindre 22 mmHg. Il continue à effectuer des flexions crânio-cervicales de manière séquentielle, pour atteindre 24, 26, 28 et enfin 30 mmHg. Nous vérifions la capacité à effectuer chaque étape et surveillons si le patient ne compense pas par l’activation des muscles superficiels du cou.

Contrôle moteur des extenseurs

En position quadrupède ou allongée sur les coudes, nous pouvons évaluer le contrôle moteur des extenseurs cervicaux, comme le montre Julia dans cette vidéo tirée de son cours pratique.

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Conclusion

Les vertiges cervicogéniques sont une pathologie complexe aux causes multiples, dont le système proprioceptif cervical. Après l’examen subjectif, nous évaluons :

  • La fonction de l’épaule
  • L’équilibre statique et dynamique
  • La coordination de la tête, des yeux et du cou
  • L’amplitude des mouvements de la colonne cervicale
  • La mobilité des articulations de la colonne cervicale, de la colonne thoracique et des côtes
  • Le contrôle moteur.

En utilisant le cadre décrit ici, vous pouvez évaluer la contribution du système proprioceptif, identifier les déficiences à traiter et déterminer s’il est nécessaire d’orienter le patient.

Si vous souhaitez voir comment Julia et d’autres experts évaluent et traitent des affections courantes, n’hésitez pas à consulter nos cours pratiques ICI.

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