Qu’est-ce que les kinésithérapeutes devraient savoir sur la force et le conditionnement ?

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Elliot Taylor

Especialista en entrenamiento y acondicionamiento físico Sydney, Australia

Comme spécialiste de la force et du conditionnement physique, j’ai eu de l’expérience avec plusieurs patientèles: de l’accompagnement de tous les jours, de l’entraînement personnel pour des projets au long terme, ainsi que du conditionnement d’athlètes amateurs. Je travaille maintenant avec les joueurs de rugby du club des Parramatta Eels dans la banlieue de Sydney en Australie.

Dans tous ces secteurs, une chose est toujours vraie : presque tous les athlètes souffriront à un moment donné d’une blessure. Ce qui a été une énorme courbe d’apprentissage pour moi fût de voir l’écart des connaissances sur la force et le conditionnement qu’ont la plupart des kinésithérapeutes (et des coachs!). Trop souvent je vois des kinésithérapeutes poser un excellent diagnostic et avoir les bons réflexes lors de la phase aiguë d’une blessure, mais les eaux deviennent rapidement troubles lorsqu’ils cherchent à ramener les athlètes à leur niveau initial. Je pense qu’une compréhension des basiques de la périodisation, du processus de réadaptation et de retour au jeu et des progressions d’exercices sont des prérequis que chaque kinésithérapeute devrait maîtriser quelque soit le patient qui leur est confié. J’espère avec cet article pouvoir vous fournir quelques connaissances dans ces domaines !

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Périodisation

J’en ai assez de voir des exercices de rotation externe avec une bande de résistance verte donnée à un athlète avec un conflit a l’épaule ! Bien que cet exercice ait ses avantages, la prescription de réadaptation classique où chaque exercice est effectué pour 3 séries de 10 répétitions jusqu’à la fin des temps ne procure pas d’avantage au long terme ! Tout comme pour la force et le conditionnement, la rééducation doit impliquer une surcharge progressive. Bien que le travail d’activation et de capacité soit important dans la phase aiguë, j’ai rarement vu un kinésithérapeute chercher à étendre ses correctifs au-delà de ce point. Ou même vivre dangereusement et passer à la bande bleue après deux semaines !

Nos correctifs devraient chercher à augmenter progressivement la charge, challengeant l’individu au fur et à mesure de sa réadaptation. Cela vaut non seulement pour les correctifs, mais aussi pour la salle de sport, les exercices de course (vitesse et agilité) ou les besoins spécifiques (tels que le contact au rugby). Après avoir développé une certaine capacité de travail, le patient devrait chercher à augmenter la force et la puissance de ses besoins athlétiques plutôt que de s’isoler avec une bande de résistance comme si c’était le purogatoire de sa réadaptation. Les entraîneurs et les kinés doivent comprendre la définition de la force et de la puissance, ainsi que la prescription d’exercices pour optimiser les résultats. Je vais approfondir cela un peu plus loin dans l’article.

Les entraîneurs de F + C et kinés devraient travailler ensemble!

Pour chaque blessure, je crois fermement que kiné et entraîneur ont besoin d’une solide compréhension des étapes de réadaptation et des critères finaux de chaque étape en fonction des résultats de performance et NON PAS en raison du temps écoulé, ainsi que d’un plan A (et B!) pour réintégrer l’individu à l’entraînement habituel. Pendant toutes les étapes de réadaptation, il est important de travailler en équipe, et pas seulement en secret dans son coin: l’athlète blessé n’est pas la seule responsabilité du kiné. Même dès les premiers stades, un entraîneur devrait être impliqué dans la meilleure façon de s’entraîner en fonction de la blessure et de maintenir autant d’aspects de la performance de l’athlète que possible. Par exemple si un ailier (pour reprendre l’exemple du rugby) souffre d’une blessure au ligament collatéral tibial, l’entraîneur devrait quand même l’aider avec son programme de force du haut du corps et son cardio / conditionnement. Il peut également offrir des exercices différents pour le bas du corps qui sont moins contraignants pour les genoux, comme des poussées de la hanche ou les soulevés de terre roumains. Aussi, lorsqu’un athlète réintègre l’entraînement, il ne devrait pas devenir la seule responsabilité de l’entraîneur. Un kiné a un rôle d’accompagnement important à jouer en vérifiant d’autres éléments comme les niveaux de douleur, l’enflure, l’intégrité de la zone blessée, etc.

Lorsque des décisions partagées et des lignes de communication ouvertes sont en place entre le kiné et l’entraîneur, c’est à ce moment que l’athlète obtient les meilleurs résultats. Les clubs professionnels ont bien compris cet enjeu!

Le processus de réadaptation et de retour au jeu

En règle générale, la réadaptation d’un athlète comprend quatre phases.

Phase 1 (le gagne-pain du kiné):

Dans cette phase, nous cherchons à améliorer l’amplitude active des mouvements, à atténuer douleur et enflure, et à introduire des correctifs et des exercices ne compromettant pas la guérison et favorisant la capacité des tissus. C’est dans cette phase que la bande de résistance verte est reine ! Dans notre prescription d’exercices la charge reste faible, et le volume élevé (pensez à 3-4 séries de 10 à 15 répétitions).

Phase 2 (force) :

Jetez donc cette bande et sortez les haltères et les machines ! À ce stade, nous cherchons à renforcer progressivement la zone blessée. Pensez à une surcharge progressive avec votre prescription d’exercice. Le volume doit commencer modérément et diminuer lentement, tandis que l’intensité augmente lentement (par exemple:

  • semaine 1-2 de cette phase: 3 x 8 répétitions
  • semaine 3-4: 3 x 6 repetitions
  • semaine 5-6 – 3 x 4 repetitions

Au cours de cette phase, l’athlète doit utiliser des poids et charges qui rapprochent de la fatigue: c’est-à-dire n’avoir que 1-2 répétitions supplémentaires “dans le réservoir” à la fin du set.

Phase 3 (puissance) :

Il est maintenant temps de baisser les poids mais de gagner en vitesse! Pensez à l’entraînement balistique, à la pliométrie, aux entraînement de résistance et aux méthodes complexes et de contraste (par exemple, sur-ajustement d’un exercice lourd comme le squat, avec un exercice léger avec un modèle de mouvement similaire comme le saut sur boîte). Dans cette phase, notre prescription d’exercices vise à renforcer la puissance globale et d’arriver à la force atteinte dans la phase 2 aussi rapidement que possible! On recommande 3-4 séries de 3-5 répétitions avec de longues périodes de repos de 3 min avec sauts entre chaque série. NON, des sets de 20 sauts sur boîte N’EST PAS un entraînement en puissance.

Phase 4 (intégration de l’entraînement sportif et retour au sport) :

En fonction de la blessure et de la coordination entre l’entraîneur et le kinésithérapeute, l’athlète doit respecter les critères de retour au jeu avant de réintégrer l’entraînement au sport. C’est une bonne idée de retourner graduellement à un entraînement complet sur plusieurs semaines! Le fait de revenir directement à l’entraînement complet après avoir uniquement effectué des travaux de réadaptation entraînera une forte augmentation de la charge d’entraînement, exposant l’athlète fraîchement remis à un risque élevé de blessure. Prenons l’exemple d’un joueur de football revenant d’une rupture du LCA. Il pourrait commencer par se joindre à l’échauffement, aux exercices de passage de base et aux exercices impliquant un changement de direction prédéterminé. Il devrait toutefois eviter tout jeu latéral ou exercice réactif. Au gymnase et sur le terrain pendant cette phase, notre prescription d’exercices peut inclure des exercices spécifiques au sport et préparer les athlètes aux exigences de leur retour en compétition.

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Progressions d’exercice

Très souvent les kinésithérapeutes appellent à l’arrêt complet de tout exercice impliquant la zone blessée. C’est là que la connaissance des progressions de l’exercice et, plus important encore, des régressions de l’exercice peut faire une énorme différence pour maintenir la charge dans un schéma de mouvement et raccourcir la convalescence. Nous semblons avoir peur d’essayer même des régressions. Si un athlète est incapable de s’accroupir en raison de problèmes de lombaires, le simple fait de connaître votre chaîne cinétique ou la matrice de mouvement quatre par quatre (debout, à genoux, quadrupède et couché) peut vous aider à régresser le programme et à maintenir la force dans les domaines nécessaires. Pour un modèle de squat par exemple, ne pouvons-nous pas simplement réduire le poids, réduire la profondeur à un box squat au-dessus de 90 degrés et passer à un squat avant pour réduire la charge axiale ? Bien que cela puisse ne pas être applicable à chaque fois, une bonne connaissance des progressions et des régressions de chaque exercice aide à réduire les pertes de masse musculaire et de force rencontrés après une blessure, et économise un temps précieux en rééducation.

Voici quelques régressions / progressions d’exercices pour 8 schémas de mouvement clés :

Modèle de squat

Bodyweight squat > goblet squat > front squat > back squat

Modèle de soulevé de terre

Kettlebell hip hinge to wall > Romanian deadlift > deadlift from blocks > deadlift from floor

Modèle de lunge

Split squat > Bulgarian split squat > reverse lunge > walking lunge

Modèle de pont

Bodyweight glute bridge > weighted glute bridge > bodyweight hip thrust > weighted hip thrust

Modèle de poussée horizontale

Push-up > dumbbell bench press > barbell bench press

Modèle de tirage horizontale

Inverted row > seated cable row > single arm dumbbell row > bent over barbell row

Modèle de poussée verticale

½ kneeling single arm dumbbell overhead press > standing dumbbell overhead press > barbell overhead (military) press

Modèle de tirage verticale

Lat pull-down (single arm) > assisted pull-up > pull-up

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Dernières pensées

Si vous êtes kinésithérapeute et souhaitez développer vos connaissances en F + C, lire des articles comme celui-ci est un bon début, mais rien ne vaut une expérience pratique. Contacter un entraîneur F + C dans votre région et observez ce qu’ils font, posez-leur vos questions et essayez vous-même certains des exercices que vous observez. 9 fois sur 10, un entraîneur sera plus qu’heureux de vous aider (et voudra probablement aussi utiliser vos connaissances!).

J’espère que cet article vous a apporté quelques connaissances fondamentales sur la force et le conditionnement et que vous serez en mesure d’utiliser ce que vous avez appris dans votre pratique. Continuez à apprendre et rappelez-vous de coopérer!

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