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8 principes pour guider la prise en charge de la douleur non traumatique dans le sport

Un article de Dr Sandy Hilton

Une étude récente a proposé un ensemble de principes à utiliser comme directives de traitement et d’éducation pour la gestion de la douleur non traumatique dans le sport.

Ce que vous vous apprêtez à lire est un court extrait de l’une des analyses de notre revue Physio Network (janvier 2021). Des spécialistes y décortiquent et analysent pour vous la recherche la plus récente et la plus pertinente dans le but d’améliorer la pratique de la kinésithérapie.

Pour en savoir plus sur notre revue, c’est par ICI

ÉTUDE : There is more to pain than tissue damage: eight principles to guide care of acute non-traumatic pain in sport – Caneiro J et al (2020)

Étude analysée par le Dr Sandy Hilton dans le numéro de janvier 2021 de la revue Physio Network

Points clés de l’étude :

  • Il y a un écart entre ce que l’on sait de la douleur et la façon dont la douleur non traumatique est décrite aux athlètes.
  • En l’absence de traumatisme ou de lésion tissulaire, la douleur chez un athlète est encore communément appelée blessure.
  • La mise en œuvre de ces changements nécessitera un changement dans la gestion de la douleur dans le sport et la médecine du sport.

Allez, jetons nous à l’eau !

Contexte et objectifs

La prise en charge de ces blessures non traumatiques demeure un problème ; il y a une incompréhension persistante de la nature de la douleur et certains continuent de croire que s’il y a douleur c’est qu’il y a a forcément une lésion sur le site de la douleur.

Pour répondre au besoin de formation à tous les niveaux (athlètes, entraîneurs, préparateurs, médecins), les auteurs de cet éditorial ont proposé un ensemble de principes à utiliser comme directives de traitement et d’éducation.

Méthode

Il s’agit d’un éditorial accompagné d’une infographie ayant pour but d’être partagée facilement au sein de diverses structures.

Résultats

Les auteurs ont proposé 8 principes pour guider la prise en charge :

  1. En l’absence de traumatisme, ne supposez pas que la douleur indique une lésion tissulaire.
  2. Ne pas orienter vers une imagerie sauf en cas de suspicion d’une pathologie grave ou lorsque l’imagerie influence directement les soins.
  3. Explorez les facteurs biopsychosociaux qui peuvent contribuer à la douleur.
  4. Transmettez des messages positifs sur la douleur pendant l’examen et le traitement.
  5. Améliorez la tolérance des tissus à la charge.
  6. Utilisez des traitements passifs uniquement en complément d’une prise en charge active.
  7. Utilisez la prise de décision partagée pour renforcer le sentiment d’efficacité personnel.
  8. Utilisez une approche interdisciplinaire pour délivrer un message homogène.

Limites

  • Malgré l’enthousiasme suscité par le modèle éducatif «expliquez la douleur», il n’a pas été démontré que c’était une approche solide lors de tests versus groupe témoin dans la douleur de dos.
  • Bien que le choix et le sentiment d’efficacité du patient se doivent d’être respectés, c’est une challenge institutionnel de réussir à limiter les séances et à obtenir une plus grande indépendance.
  • Sortir d’habitudes institutionnelles et éducatives dépassées reste également un défi.

Implications cliniques

Les auteurs de cet article fournissent de bons exemples de la manière dont les recommandations peuvent être utilisées pour changer le langage autour du traitement de la douleur non traumatique dans le sport. Ces exemples sont appropriés pour toutes les types de douleur car ils mettent en évidence la nature de la douleur elle-même, quel que soit l’emplacement de la douleur ou le niveau de compétence de la personne qui ressent cette douleur.

Les concepts exposés dans ce document devraient constituer la base des programmes de formation et fournir une feuille de route pour tendre vers des soins de qualité. Ils encouragent également la créativité et l’individualisation de la conception des programmes. Ceci est utile pour développer le sentiment d’efficacité personnel du patient et pour garder les cliniciens et les formateurs engagés, car cela évite les recettes toutes faites qui ne correspondent à personne et l’ennui que l’application de ces dernières peuvent susciter.

Comme le disent les auteurs, l’adoption de ces principes exigerait un changement culturel. Il faut saluer ce travail qui peut aider à réduire la fardeau de la douleur et prolonger la participation au sport et ainsi promouvoir une meilleure santé globale.

Vous voulez gagner du temps et éviter d’avoir à rechercher les études pertinentes parmi la tonne disponible ?

Chaque mois, nous résumons 12 des études les plus récentes et cliniquement pertinentes en kinésithérapie, afin qu’elles soient pertinentes pour votre pratique.

Voici les 11 autres thèmes de notre numéro de janvier, tout juste publié :

  • Tendinopathie patellaire et biomécanique de l’atterrissage
  • L’imagerie diagnostique, quand l’utiliser
  • Arthrose et exercice, pourquoi ça marche ?
  • Progression et charge sur le tendon d’Achille
  • Semelles et fasciite plantaire
  • Exercices chez l’enfant souffrant de troubles MSK
  • Challenges de la recherche sur la charge d’entrainement
  • Taux de développement de la force et LCA
  • Posture et smartphone
  • Activité physique et handicap majeur de mobilité
  • Chirurgie des douleurs chroniques, quelle utilité ?

L’essentiel de la recherche en kinésithérapie, c’est par ICI

 

 

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Dr Sandy Hilton
Physical Therapist

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