Maîtrisez pleinement votre prise en charge des douleurs du coude

8 mins de lecture. Posté dans Coude
Un article de Dr Jahan Shiekhy info

Les douleurs de coude peuvent être très limitantes dans les activités quotidiennes, le sport et le travail. En tant que kinésithérapeutes, nous avons la chance de pouvoir traiter de nombreuses douleurs de coude en utilisant une approche centrée sur l’exercice. Sur la base de votre bilan, vous devriez avoir une idée de la pathologie à laquelle vous êtes confronté et savoir si les articulations proximales telles que l’épaule et la colonne vertébrale cervicale doivent être traitées.

Nous présenterons ici des conseils pratiques pour traiter les douleurs de coude, principalement par l’exercice. Nous aborderons également les techniques de modification de la douleur afin d’améliorer l’adhésion à l’exercice. En complément des exercices en charge, nous décrirons d’autres techniques, telles que les étirements et les mobilisations neurodynamiques.

Si vous souhaitez voir comment un expert de renommée mondiale prend en charge les douleurs de coude, ne manquez surtout pas le Cours Pratique de Leanne Bisset, à partir duquel j’ai rédigé ce blog. Avec les cours pratiques, vous pouvez découvrir comment les meilleurs experts évaluent et traitent des pathologies spécifiques, ce qui vous permet de devenir un meilleur praticien, plus rapidement. Pour en savoir plus, cliquez ICI.

Techniques de modification de la douleur : thérapie manuelle et auto-mobilisation

Comme pour de nombreuses affections musculo-squelettiques, l’exercice est le traitement de prédilection des kinésithérapeutes pour les douleurs du coude. Cependant, les patients se plaignent souvent de douleurs liées à l’exercice, ce qui limite l’adhésion au traitement. Les procédures de modification de la douleur peuvent alors rendre les exercices plus confortables et donc améliorer cette adhésion.

Il convient de noter qu’avec bon nombre de ces techniques, les études suggèrent que nous n’apportons pas de modifications biomécaniques permanentes (1). Cependant, il peut y avoir des changements au niveau de la douleur et de la fonction neurale qui peuvent améliorer l’adhésion à l’exercice. Avec ces techniques, nous utiliserons une approche test-retest en examinant des points de référence tels que la force de préhension sans douleur ou l’endurance dans les exercices isométriques avant l’apparition de la douleur, afin de nous assurer que la technique produit l’effet désiré.

Notre évaluation devrait nous permettre de disposer d’une mesure de référence pour la force de préhension sans douleur. Comme l’explique Leanne dans la vidéo tirée de son cours pratique ci-dessous, nous pouvons appliquer une technique manuelle telle qu’un glissement ulnaire latéral, puis tester à nouveau la force de préhension sans douleur :

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Si la technique est utile, nous pouvons la répéter plusieurs fois et l’utiliser dans d’autres exercices, comme l’extension isométrique du poignet.

Pour le coude latéral, nous pouvons également appliquer un glissement postéro-antérieur de la tête radiale tout en vérifiant la force de préhension sans douleur.

Pour l’irritation nerveuse, Leanne montre dans la vidéo ci-dessous, tirée de son cours pratique, comment utiliser une technique de décharge manuelle :

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En plus de la force de préhension, nous pouvons évaluer la tolérance à la charge isométrique des extenseurs du poignet. Il convient de noter que les extenseurs du poignet sont principalement des muscles positionnels, ce qui signifie qu’ils ont pour fonction de stabiliser le poignet lorsque le coude et l’épaule se déplacent. Par conséquent, les exercices pour les extenseurs du poignet doivent être principalement isométriques.

En utilisant des techniques de modification de la douleur, nous devrions constater une augmentation du temps jusqu’à l’apparition de la douleur. Leanne recommande d’effectuer des contractions d’une durée maximale de 60 secondes, répétées 5 à 6 fois. En outre, après avoir effectué ces exercices, les patients peuvent ressentir un effet de rebond de la douleur lorsqu’ils recommencent à bouger le coude. C’est pourquoi Leanne recommande d’effectuer ces techniques manuelles dans toute l’amplitude du mouvement après l’exercice.

Si ces techniques s’avèrent utiles, le patient peut s’auto-mobiliser pour gérer sa douleur de manière autonome. Par exemple, dans la vidéo ci-dessous tirée du cours pratique de Leanne, vous pouvez découvrir une auto-mobilisation de la tête radiale :

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Pour découvrir toutes ces techniques, regardez le cours pratique de Leanne ici.

Progressions d’exercices

Mise en charge latérale du coude

Une fois la douleur contrôlée par des mouvements plus simples (tels que la préhension et l’extension isométrique du poignet), nous pouvons passer à des mouvements plus complexes, en manipulant la position du coude et de l’épaule. Par exemple, en cas de douleur latérale du coude, on peut commencer par effectuer des contractions isométriques en flexion du coude, puis progresser vers des contractions isométriques en extension du coude avec une flexion isométrique de l’épaule (c’est-à-dire une flexion de l’épaule en charge). D’autres variations pourraient être la flexion isotonique de l’épaule, l’abduction de l’épaule ou la rotation latérale tout en maintenant l’extension isométrique du poignet.

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Mise en charge médiale du coude

Pour les problèmes de coude médial tels que l’instabilité du ligament collatéral ulnaire, nous pouvons effectuer des mouvements dynamiques qui exercent une force de valgisation sur le coude médial. Par exemple, nous pouvons effectuer une rotation médiale de l’épaule avec une pronation dynamique du coude et une flexion du poignet.

Mobilisations neurodynamiques

Dans de nombreuses pathologies du coude, il peut y avoir une composante de sensibilité neurale. Comme l’explique Leanne, cette sensibilité ne se manifeste pas toujours comme on pourrait s’y attendre (par exemple, un patient souffrant d’épicondylalgie latérale peut présenter une sensibilité du nerf médian). Pour y remédier, elle recommande de commencer par des exercices de neurodynamique, tels que ceux décrits dans la littérature par David Butler (2). On peut commencer par 3 à 4 répétitions dans une petite amplitude de mouvement, puis augmenter progressivement l’amplitude du mouvement. Au fur et à mesure que la douleur diminue, on peut passer des glissements à la mise sous tension.
Découvrez comment Leanne fait progresser les mobilisations neuronales dans son cours pratique ici.

Étirements

Souvent, les fléchisseurs du poignet et les pronateurs du coude deviennent tendus avec certaines pathologies du coude. C’est pour cela que les étirements peuvent être utiles pour certains patients. Bien qu’il existe de nombreuses positions différentes pour les étirements, Leanne recommande des étirements en mouvement actif plutôt que des positions statiques qui peuvent être douloureuses pour les patients.

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Techniques de bandage

Parallèlement à la modification de la douleur par la thérapie manuelle et l’auto-mobilisation, le tape peut apporter un soulagement pour les mouvements provocateurs, en particulier pendant le sport et pour les personnes qui effectuent un travail manuel. La plupart de ces techniques fournissent un feedback et un soutien proprioceptif au coude / poignet par le biais d’un resserrement de la bande lorsque le bras se déplace dans ces positions provocatrices.

Coude latéral

Il existe plusieurs techniques pour le coude latéral. Nous avons la technique classique en losange, décrite dans les pratiques cliniques de kinésithérapie (3, 4). Dans la vidéo ci-dessous du cours pratique de Leanne, vous pouvez la voir utiliser une technique en spirale, qui soutient les positions d’extension et de pronation du coude.

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Il est également possible d’appliquer du tape le long des extenseurs de l’avant-bras pour soutenir la position d’extension du poignet, ce qui peut s’avérer particulièrement utile pour les travaux manuels nécessitant une préhension répétitive.

Instabilité médiale du coude

Pour l’instabilité médiale du coude, notre tape doit soutenir la résistance aux forces de valgisation au niveau du coude. Ces forces sont souvent ressenties en flexion et en pronation du coude, la technique doit donc tenir compte de ces positions.

Conclusion

En tant que kinésithérapeutes, notre principal outil pour traiter les douleurs au coude est l’exercice, comprenant à la fois le renforcement et les manœuvres de mobilisation telles que les étirements et la mobilisation neurodynamique. En outre, pour le traitement de la douleur, nous disposons de techniques de thérapie manuelle et d’auto-mobilisations. Nous pouvons également utiliser des techniques de bandage pour soutenir les positions du poignet et du coude chez les sportifs et les travailleurs manuels.

Pour en savoir plus sur la prise en charge de la douleur du coude et découvrir en détail comment un expert procède à son évaluation, ne manquez pas le génialissime cours pratique de Leanne juste ici.

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