Maîtrisez votre évaluation des lombalgies sportives

9 mins de lecture. Posté dans Lombaire
Un article de Dr Jahan Shiekhy info

La lombalgie est l’une des principales plaintes dans le domaine des troubles musculo-squelettiques dans le monde. Cependant, la lombalgie des athlètes nécessite une évaluation particulière en raison de ses caractéristiques uniques. Tout d’abord, les athlètes sont contraints de revenir rapidement à des niveaux élevés de performance physique après leur blessure. Alors que la plupart des épisodes de lombalgie se résorbent en 6 à 12 semaines, de nombreux athlètes tentent de retourner au sport beaucoup plus rapidement. Une autre caractéristique unique des athlètes est qu’ils se situent plutôt du deuxième côté de la courbe en « U » qui caractérise la lombalgie en fonction de l’exercice. Alors qu’un manque d’activité physique est l’un des principaux facteurs de risque de lombalgie dans la population sédentaire, la lombalgie athlétique peut quant à elle résulter d’un excès d’activité physique ou de pics élevés d’activité.

Par ailleurs, lorsqu’un athlète souffre de lombalgie, il ne peut généralement pas se permettre d’être sédentaire pendant son processus de rééducation. Il doit maintenir sa forme physique au mieux afin de reprendre l’entraînement et le sport en toute sécurité. En gardant ces caractéristiques à l’esprit, notre évaluation initiale devrait nous permettre d’établir un diagnostic, de prendre une première décision quant à l’orientation du patient, et de lui donner des délais de récupération (en lui montrant comment s’entraîner avant sa reprise du sport).

Si vous souhaitez découvrir comment un expert de renommée mondiale évalue la lombalgie sportive, ne ratez pas le cours pratique de Kellie Wilkie, sur lequel je me suis basé pour rédiger ce blog. Avec les cours pratiques, vous découvrirez avec précision comment les plus grands experts évaluent et traitent des pathologies spécifiques, ce qui vous permettra de devenir un meilleur praticien, rapidement. Pour en savoir plus, cliquez ICI.

Évaluation subjective

Description des symptômes

La description des symptômes est une mine d’informations qui nous aide à orienter notre diagnostic kinésithérapique. La plupart des kinésithérapeutes ont l’habitude de poser des questions sur les types de douleurs et sur les symptômes neurologiques (par exemple, la présence d’engourdissements ou de picotements des extrémités). Une autre caractéristique sur laquelle Kellie se concentre est la « forme » de la douleur : généralement, une douleur qui se propage comme une ligne que l’on peut suivre avec un doigt représente plutôt une douleur radiculaire, tandis qu’une propagation large comme une main aura tendance à être une douleur référée. Souvent, les patients souffrant d’une radiculopathie présentent les deux. De plus, le fait de pointer la douleur au niveau du sacrum peut indiquer une douleur de l’articulation sacro-iliaque ou une douleur radiculaire L5/S1. Les patients souffrant de douleurs de l’articulation sacro-iliaque décriront des facteurs aggravants, tels que des activités nécessitant une posture unipodale.

Historique des entraînements et de la pratique sportive

Le sport pratiqué par l’athlète et les schémas de mouvement impliqués nous aident à déterminer ce qui a pu déclencher la douleur. Par exemple, les sports impliquant des flexions répétées, tels que le cyclisme ou l’aviron, sont en corrélation avec des pathologies liées aux disques. D’autre part, les mouvements répétés d’extension, que l’on retrouve dans des sports comme la gymnastique ou le baseball, impliquent souvent les isthmes vertébraux et ou les articulations facettaires. Comprendre les structures impliquées dans la douleur nous aide à savoir comment décharger la zone concernée, guider le traitement, et nous permet de savoir comment s’entraîner sans mouvements provoquant la douleur.

De plus, nous devons examiner attentivement l’historique d’entraînement du sportif, afin de comprendre quels facteurs de son entraînement ont pu déclencher cet épisode de lombalgie. Nous savons qu’un pic dans la charge d’entraînement est lié à l’apparition de la douleur, tandis que le maintien d’une charge d’entraînement élevée est protecteur.

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Évaluation des drapeaux rouges et jaunes

Un des autres éléments essentiels de notre évaluation subjective est la détection des drapeaux rouges et jaunes. Les drapeaux rouges, tels qu’une douleur nocturne incessante, ou des changements au niveau intestinal ou vésical, nécessitent une réorientation vers un médecin pour une évaluation approfondie. Durant notre évaluation subjective, nous pourrions également détecter des drapeaux jaunes, tels qu’une sensibilisation à la douleur ou des facteurs psycho-sociaux susceptibles de compromettre la guérison. Par exemple, si un athlète a souffert à plusieurs reprises de lombalgies, nous pourrions peut-être avoir besoin d’approfondir ce point dans la partie objective de l’évaluation.

Pour une présentation complète de l’évaluation des drapeaux rouges et jaunes, consultez le cours pratique de Kellie Wilkie.

Évaluation objective

Un des points essentiels de l’évaluation objective est que celle-ci doit rester concise. Nous ne souhaitons pas aggraver inutilement les douleurs déjà présentes chez notre athlète, nous aurons le temps d’approfondir son évaluation lors des prochaines séances. De plus, dans le cas d’une lombalgie aiguë, certaines prises de mesures ne nous donneront pas d’informations précises car la douleur peut modifier les capacités de mouvement de l’athlète (en raison d’une augmentation du tonus de certains groupes musculaires, par exemple).

Amplitudes des mouvements lombaires

Évaluer l’amplitude des mouvements lombaires debout nous permet de voir de quelle manière le contrôle moteur a été modifié et guide notre diagnostic. Premièrement, nous examinons la qualité du mouvement. Par exemple, en flexion, le sportif transfère-t-il son poids vers l’arrière pour obtenir une flexion complète ? Ou alors, fléchit-il son bassin afin d’éviter la flexion de ses lombaires ? Lorsque nous observons ces mouvements, la réponse de l’athlète à la douleur peut nous indiquer les structures potentiellement impliquées. La flexion lombaire tend à aggraver une douleur discale, tandis que l’extension tend à aggraver les pathologies de l’isthme et des facettes articulaires.

Cependant, comme l’explique Kellie dans la vidéo ci-dessous tirée de son cours pratique, la douleur à l’extension peut également être liée à une protrusion discale ou à une déchirure annulaire.

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Évaluation neurologique

Au-delà de l’évaluation des mouvements lombaires, nous devons également évaluer la fonction neurologique. Nous commençons par les tests de base du dermatome, du myotome et des réflexes. Kellie souligne que pour améliorer l’efficacité des tests des myotomes, nous pouvons évaluer des mouvements tels que la marche sur les talons et la marche sur la pointe des pieds, pour éviter d’avoir à les tester manuellement.

Ensuite, nous effectuons une élévation passive de jambe tendue (signe de Lasègue), où nous examinons la provocation des symptômes et le moment où la résistance au mouvement se produit, comme l’explique Kellie dans cette vidéo tirée de son cours pratique.

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Si le test de Lasègue est négatif, nous pouvons passer au slump test. Nous testons à la fois la provocation des symptômes et l’amplitude de mouvement, sachant que la norme est située à -20° d’extension de genou (20° de moins que l’extension de genou complète).

Comme le test de Lasègue se focalise sur les racines L4 à S1, il est nécessaire d’inclure le test de Léri (parfois appelé test de tension du nerf fémoral) pour tester les racines nerveuses de L2 à L4.

Enfin, le test de Kemp peut être utilisé pour évaluer la participation des articulations facettaires ou d’une sténose canalaire à la douleur du sportif.

Amplitudes des mouvements thoraciques et des hanches

L’évaluation de l’amplitude des mouvements des hanches et de la colonne thoracique nous aidera à cibler les déficits de mobilité susceptibles de réduire l’efficacité des mouvements. Les hanches et la colonne thoracique sont plutôt destinées à la mobilité, tandis que la colonne lombaire est davantage destinée à la stabilité et au transfert de force. Lorsque nous manquons de mobilité dans ces zones, les mouvements auront tendance à être moins efficaces dans les sports qui nécessitent des efforts dans une amplitude quasi maximale. Par exemple, les rameurs ont besoin d’une flexion de hanche de 130 degrés et les cyclistes de 115 degrés. Pour ces athlètes, avoir une plus grande mobilité de hanche exploitable sera grandement bénéfique. Dans cette vidéo tirée du cours pratique de Kellie, vous pouvez voir comment elle évalue la flexion de la hanche.

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De façon similaire, l’extension de hanche est essentielle chez les sportifs de lancer, les gymnastes, ou tout athlète qui a besoin d’utiliser une grande plage d’extension. La rotation thoracique est également importante, notamment chez les nageurs ou les lanceurs, qui réalisent des mouvements répétés d’extension-rotation.

« Brouillage » somato-sensoriel

Chez le sportif présentant une douleur persistante, nous devrions évaluer la présence ce que l’on peut appeler un « brouillage » somato-sensoriel. Il s’agit de modifications corticales dans la représentation d’une zone douloureuse, qui peuvent affecter le contrôle moteur. Une façon d’évaluer ces changements neuronaux consiste à tester la discrimination de deux points au niveau du bas du dos (Test de Weber). Nous pouvons également évaluer la capacité de l’athlète à identifier des lettres/chiffres tracés sur la zone douloureuse, si nous soupçonnons ce « brouillage » somato-sensoriel. Ces tests objectifs peuvent ensuite être répétés pour observer les progrès réalisés par le patient sportif.

Conclusion

L’évaluation de la lombalgie du sportif doit nous permettre d’établir un diagnostic kinésithérapique, de prendre une première décision concernant la réorientation ou non du patient, et d’établir un programme de récupération. À la suite de l’évaluation initiale, nous pouvons orienter le patient vers des examens plus approfondis, discuter la reprise du sport et modifier son entraînement.

Pour en savoir plus sur l’évaluation de la lombalgie sportive et découvrir avec précision comment un expert procède à son évaluation, ne manquez pas le fantastique cours pratique de Kellie.

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